IL N'EST JAMAIS TROP TÔT...

Ce journal, édité dans la catégorie "Société", a un titre plutôt austère. Mais ne vous y trompez pas. Il ne faut pas se fier aux apparences. Comme en toutes choses, il faut savoir distinguer l'enveloppe et le contenu. Jean de la Fontaine le disait déjà dans " le cochet, le chat...". En jardinage, j'affirmerais qu'il ne doit pas être conclu de la nature du fruit au seul goût de son écorce. Zut, je retombes sur de la Fontaine et sa " guenon, le singe...".

Ici, l'ambition est de faire jaillir l'intelligence de la réflexion. Faire grandir l'Homme en le nourissant d'idées les plus variées. C'est possible par des articles sérieux, mais aussi par des chroniques plus légères.

S'il n'est pas trop tard pour bien faire, admettez qu'il n'est pas trop tôt non plus. Regardons autour de nous... Dans un monde de plus en plus ouvert sur le plan économique, mais aussi trés largement fragmenté par les idéologies qui le traversent, l'Homme-citoyen conserve toute sa réalité et sa nécessité. Il constitue le plus petit maillon de cette grande chaine Humaine que nous avons beaucoup de mal à faire survivre. L'individu-citoyen, acteur du pacte social, sera toujours à la fois source de richesse pour ses contemporains et d'incertitude pour ceux qui veulent instrumentaliser les masses. Sa créativité, sa tenacité et sa foi en l'Homme sont le ferment du succés de notre avenir.

Pour nous aidez, j'ai invité un témoin nouvellement arrivé sur cette terre. Jemabo va nous accompagner dans les pages qui suivent. Etonnez vous comme lui, aidez le à mieux comprendre nos motivations, donnez lui un peu de votre temps en réfléchissant à notre mode de vie et à l'avenir que nous fabriquons chaque jour pour nos enfants. 

Déchainons nous ; secouons la poussière et le poids des tracas quotidiens qui recouvrent nos neurones.

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Samedi 9 juin 2007

« Le vrai point d’honneur n’est pas d’être toujours dans le vrai. Il est d’oser, de proposer des idées neuves, et ensuite de les vérifier. Il est aussi, bien sûr, de savoir reconnaître publiquement ses erreurs (…) L’honneur du scientifique est absolument à l’opposé de l’honneur de Don Diègue. Quand on a commis une erreur, il faut accepter de perdre la face. »

Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de physique en 1991 pour ses travaux sur les cristaux liquides. (24 oct 1932 – 18 mai 2007)

 

 

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Jeudi 31 mai 2007

Le 31 mai 2007

Voir également article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- De tous temps, l’individu a porté un intérêt à son corps, dit Jémabo, même si les critères moraux sociaux ont toujours cherché à mettre l’homme en garde contre celui-ci, que ce soit ceux de l’école platonicienne, du christianisme ou l’approche des philosophes des Lumières.

- C’est vrai, dis-je. Toutefois, une évolution spécifique s’est produite au cours du 20ème siècle. L’approche du corps ne s’est plus faite sur la base d’une stricte considération organique, mais sur un fondement beaucoup plus psychologique et social.

- Cette évolution est-elle le reflet d’une plus grande libération de l’individu ? interroge Jémabo.

- Certains, dis-je, y voient un affranchissement de l’être dans une société de plus en plus individualiste ou le désir est une valeur majeure.

- Bien sûr, dit Jémabo. Cependant, cette valorisation fait également l’objet d’une exploitation sociale.

- En effet, cette valorisation fait que le corps constitue désormais un enjeu social de première importance. La société a adopté des images d’individus, mannequins représentant le standard de la beauté. Le corps est devenu un instrument de normalisation sociale. Dans ce contexte, on ne peut que militer pour une résistance à cette norme au nom du droit de chacun à exister en affichant sa différence, avec un corps expressif.

- Pour certains individus, dit Jémabo, le corps est devenu l’objet de toutes les attentions au point de recourir abondamment à la chirurgie esthétique.

- Dans ces cas, dis-je, si la volonté de changer le corps est bien la manifestation d’une volonté de se donner une signification, elle apparaît surtout comme le signe d’une recherche libidinal narcissique accentuée. L’intérêt porté au corps est alors le reflet d’une recherche du désir et de l’amour que l’individu ne trouve pas parmi les siens.

- Il n’est donc pas évident que l’approche psychologique du corps, apparue à l’époque contemporaine, soit un bienfait pour l’individu, dit Jémabo. 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 19 mai 2007

Le 19 mai 2007

Lire également article n°1 dans cette catégorie « chronique du temps-Jémabo ».

- La violence est source de trouble dans notre société, dit Jémabo. Comment y mettre fin ?

- Tous les spécialistes s’accordent sur l’idée que l’homme recèle dans sa nature une certaine dose d’agressivité et de violence, fais-je remarquer. Ainsi le philosophe Hobbes, au 17ème siècle, estime-t-il que le contrat social est seul de nature à sauver l’homme en lui imposant de réprimer son agressivité. De même, le psychanalyste Freud considère que la société doit dompter l’agressivité instinctive de l’homme. Plus récemment et suivant ces théories, la sociologie, a mis en évidence le long processus de civilisation des mœurs en observant les pratiques sportives. Enfin, l’anthropologie considère que l’origine de la culture de toute société trouve son origine dans le déplacement de la violence sur une seule victime expiatoire.

- Tout de même, dit Jémabo. Il est des endroits, tels les hôpitaux, où la violence est vraiment insupportable.

- Dans le domaine hospitalier, dis-je, cette agressivité s’observe d’abord chez le malade et dans les relations qu’il entretient avec l’institution. Certains psychocliniciens y voient d’abord un signe de vitalité du malade qu’il n’est pas possible ni souhaitable d’annihiler, puisque cette violence est en partie l’expression de la force vive du patient. A l’image de la préconisation de Freud, il propose plutôt de la maitriser par une prise de conscience, par le personnel hospitalier, de cette situation particulièrement déstabilisatrice que constitue l’hospitalisation. Mieux formé à son existence, le personnel hospitalier devrait être mieux en capacité d’y faire face et d’obtenir un apaisement des relations avec les malades.

- Toutefois, fait observer Jémabo, l’hôpital est devenu un lieu de vie banalisé et la violence urbaine y a fait son entrée. La situation est sur ce point devenue alarmante.

- En effet, dis-je, le profil des malades et leur conception des soins ont beaucoup évolué, dés lors que le soin est désormais moins perçu comme un don que comme un droit absolu. L’hôpital reçoit des visiteurs qui n’ont plus de respect particulier pour l’institution hospitalière et son personnel. Face aux nouvelles violences issues de cette évolution des comportements, des dispositifs de sécurisation ont été mis en place dans les établissements hospitaliers.

- En quoi cela consiste-t-il ? dit Jémabo.

- Ces dispositifs se présentent sous forme de plans, qui comportent plusieurs volets : des actions préventives, la mise en place d’équipes spécialisées et une large implication des personnels. C’est, en soi, une méthode destinée à civiliser les mœurs selon l’analyse faite par les sociologues.

- Il faudra tirer le bilan de ces actions, dit Jémabo. Si cela fonctionne, ces dispositifs pourraient être reproduits, sous des formes adaptées, dans d’autres institutions telles que les écoles ou les lieux de rencontres sportives où les jeunes sont confrontés à la violence.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Mardi 8 mai 2007

Le 8 mai 2007

Cf également article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- L’élection présidentielle qui vient de se dérouler a montré le vif intérêt porté par les électeurs au choix de leur nouveau chef d’Etat, dit Jémabo. C’est le signe d’une attente forte de la part des citoyens.

- Ces électeurs ont effectivement manifesté très largement leur intérêt pour le scrutin présidentiel, dis-je. Et cela, malgré les appels plus ou moins appuyés de certains pour une attitude abstentionniste, de contestation ou de protestation, au second tour.

- Comment expliquer ce taux de participation, qui a voisiné les 85 % à chacun deux tours ? demande Jémabo.

- Il faut y voir probablement l’effet du renouvellement de la classe politique, dis-je. Les deux principaux candidats s’engageaient pour la première fois dans la course à la présidence. Ce sont des quinquagénaires aux méthodes et discours nouveaux au regard de ce qui se faisaient auparavant et de ce qu’ont faits les autres candidats qui sont apparus usés (sauf F bayrou étrangement) par le système passé.

- N’y-a-t-il pas eu un effet favorable de la stratégie de Nicolas Sarkozy, dit Jémabo. Celui-ci a placé sa campagne sous le signe du débat des idées et de toutes les thématiques, sans a priori mais avec ses convictions.

- C’est une démarche qui a certainement séduit bon nombre d’électeurs. Plutôt que de les inciter à voter « contre », N Sarkozy a plaidé en faveur du vote « pour ». Pour cela, il a énoncé les questions que tous les français se posent au quotidien, et apporté ses réponses. Cette méthode constructive a incité les électeurs à entrer dans le débat électoral et a finalement reçu l’adhésion de 53 % d’entre eux.

- Ainsi, les électeurs se seraient engagés sur un programme pour les cinq ans à venir, dit Jémabo.

- C’est ce qui ressort des urnes, dis-je. Les électeurs ont élus N Sarkozy « pour » réformer la France et non, par défaut, pour agir « contre » S Royal ou les partis qui la supportaient. C’est un enjeu fort pour le nouveau Président de la République.

- En effet, dit Jémabo, Il faut maintenant qu’il passe aux actes. Les Français ont fait le pari de l’engagement constructif contre la stérilité et les dangers de la protestation et de la contestation. Il ne faudrait pas qu’ils soient déçus en découvrant que l’action ne suit pas le verbe.

- N Sarkozy sait qu’il ne faut pas bercer les gens d’illusions. C’est un homme qui a montré sa détermination dans l’action et qui, dés à présent, doit avoir pour ambition de voir son mandat renouvelé dans cinq ans. Il est motivé et mettra tout son poids dans l’engagement des réformes attendues par les français pour que l’emploi redémarre et que le niveau et la qualité de vie de nos concitoyens s’améliore.

- Il lui reste donc à s’entourer d’un gouvernement composé de femmes et d’hommes actifs et imaginatifs, dit Jémabo.

- Le succès n’est jamais le fait d’un seul individu, dis-je. N Sarkozy s’appuiera donc nécessairement sur les meilleurs pour former l’équipe qui fera gagner la France.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 5 mai 2007

« Les traits personnels d’un homme, aussi grand soit-il, n’ont d’importance que métamorphosés par la main de l’artiste. Les mensonges de la légende sont tellement plus beaux que les vérités sordides de l’histoire. »

Pouchkine ; écrivain fondateur de la littérature russe moderne. Auteur de « Boris Godounov » en 1825.

 

 

 

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Samedi 28 avril 2007

Le 28 avril 2007

Cf également article n°1 dans cette catégorie "art-dessin, peinture, sculpture".

La photographie paraît avoir placé les peintres au chômage. Plutôt, elle leur aurait ôté leur légitimité première qui était de représenter l’existant, portraits ou paysages. En effet, le petit clic sur la boite noire permet aujourd’hui de conserver et de diffuser les images pour un coût modique au regard de celui d’une toile peinte.

C’est alors que l’art abstrait est né. Les peintres, estimant probablement ne plus avoir de débouché dans la représentation du monde concret, se sont tournés vers l’abstraction, sorte de représentation de leur état psychique ou de celui de la société. L’intellectualisation de l’art a aidé à cette évolution ; le culte de l’individu, de sa psychologie et de sa place (première par essence) dans le monde y participant pour beaucoup. Les salons parisiens, relayés par la jet-set internationale et les marchands d’œuvre d’art (il faut bien vivre), se sont donc remplis de ces œuvres d’un nouveau genre.

L’esthétique de la peinture, qui ravissait les foules, a alors laissé la place à l’analyse et à l’engagement politique et social. Le peintre moderne est donc nécessairement un personnage torturé, souvent contestataire et tout à la fois humaniste et individualiste ; mai 68 étant également passé par là. Comprendra qui pourra, l’essentiel étant de se mettre en avant et de laisser l’intelligentsia phraser sur le sens du trait porté sur la toile.

Toutefois, en prenant de la distance avec le réel, la peinture s’est éloignée de ce qui faisait sa grandeur, c'est-à-dire son caractère populaire. La peinture est en effet devenue une affaire d’initiés. Désormais, la peinture est réservée à celui qui connaît le parcours du peintre tant à titre personnel qu’au plan de ses idées sur le monde. Qui est en mesure aujourd’hui de comprendre ce qui se cache (car tel est bien le mot) derrière une toile de Soulages ?

Pendant ce temps, l’esthète est privé de nourriture renouvelée. Il est « obligé » de se rabattre sur les peintres du passé qui, loin d’être dépassés, continuent de ravir son regard. C’est certainement ce qui explique les défilés quasi religieux devant la Joconde et les queues interminables qu’acceptent de faire les amateurs de peinture lors des expositions rétrospectives temporaires organisées dans les grandes salles parisiennes et de province.

Cependant, n’y-a-t-il pas un renouveau de la peinture esthétique (par opposition à la peinture engagée) qui pourrait surgir ? La peinture populaire est-elle définitivement à ranger aux oubliettes ? Le XXème siècle fut encore celui de Picasso (à privilégier dans sa première partie de carrière, notamment la période bleue). Que retiendrons-nous du XXIème siècle ?

Tout n’a pas encore été fait en la matière et l’évolution des techniques et des matériaux ouvre certainement des margent de manœuvre à la créativité de jeunes artistes contemporains.

Alors, amis peintres du dimanche, professeurs d’arts plastiques et simples amateurs de belles choses, militez pour ce renouveau en donnant leur chance à ceux qui remettront à l’honneur une peinture plus esthétique qu’intellectuelle, plus accessible pour le plus grand nombre. Ce qui ne veut pas dire une peinture plus facile, car de ces peintres il est attendu une capacité à émouvoir au moins égale à celle qu’ont eue leurs prédécesseurs.

Par BB - Publié dans : Art - dessin, peinture, sculpture
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Mardi 24 avril 2007

Le 24 avril 2007. Voir également l’article n°1 dans cette catégorie « art-littérature ».

Voici une sorte de docu-fiction d’anticipation qui, écrit en 1973, n’a pas pris une ride. Ce roman "Le camp des Saints" de Jean Raspail nous fait partager le moment où l’Occident et sa culture ont disparu sous la vague des populations issues des autres régions du monde. Cette vague est autant issue de la misère devenue insupportable dans les pays du Sud que des populations immigrées accueillies sur notre sol sans que leur intégration dans la société occidentale ait été décidée et mise en œuvre.

Cette disparition est présentée dans "Le camp des Saints" comme le résultat d’une démission des esprits, calculée et voulue par certains qui ont mené un travail de sape savamment calculé, subie par le plus grand nombre en raison du confort intellectuel procuré par un sentiment de bonne conscience sirupeuse et universelle.

Il est clair que la situation actuelle des pays du Sud serait propice à des flux migratoires massifs vers l’Eldorado que représentent les pays du nord de la méditerranée. Voir à cet égard l’article N°25 (Laurent Gaudé ; Eldorado) dans cette catégorie « art-littérature ». Le détroit de Gibraltar reste le dernier rempart physique à la marche de la misère vers les pays « où coule le miel ». De même, notre république ne pose plus pour ambition l’« occidentalisation » et la fusion en son sein des immigrés de cultures différents qu’elle accepte (certes de moins en moins nombreux) de recevoir. L’armée de la misère est donc plus que jamais présente à nos portes et à la lisière de nos villes.

En outre, nos leaders politiques sont majoritairement acquis à l’idée que la main ne peut être refusée à ceux qui meurent de faim, et les shows humanitaires télévisés montrent toute la puissance des médias dans la manipulation des sentiments des foules.

Que faisons-nous aujourd’hui pour éviter que le pire survienne demain ? Les pays industrialisés mettront-ils les pays du Sud en capacité de conserver leur population, en assurant leur propre subsistance alimentaire et économique, par la levée des entraves qu’ils leur opposent (notamment en subventionnant leurs agriculteurs et ruinant toute possibilité de développement de cultures vivrières locales) ? Les instances internationales instaureront-elles un jour les règles de la bonne gouvernance et le droit d’ingérence pour évincer les pilleurs et les dictateurs qui ont pris le pouvoir dans certains de ces pays pauvres ?

Mélanger tous les hommes, comme le décrit ce roman "Le camp des Saints", ne peut être une solution. Car les hommes de tous les continents sont de cultures et d’histoires différentes et n’aspirent pas à parler l’Espéranto…Il faut donner le moyen à chaque famille sur tous les continents, de vivre dignement selon ses lois et coutumes, selon sa langue, sa religion et ses traditions. Cette richesse qu’est cette variété des hommes, issue de l’histoire, doit être préservée.

C'est donc un défi qui nous est donné, et qu’il faut relever ensemble et sans délai, en évitant de tomber dans les travers du mythe du bon sauvage (bon immigré, méchant blanc) et de l’humanitaire comme unique solution. Seul le développement des pays du tiers monde (car l’expression reste pleinement juste) sauvera le monde d’une catastrophe humaine.

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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Vendredi 20 avril 2007

Cf également article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- Le mouvement des don Quichottes, dont nous parlions début janvier 2007 dans l’article n°42 (halte à la dictature compassionnelle) parait avoir fait long feu, dit Jémabo. La campagne électorale bat son plein et la cause des sans abri n’est plus un thème majeur des candidats à la présidence de la République.

- Les candidats sont à l’image de leurs électeurs. Ils mettent leur cœur en avant pour marquer leur sympathie envers les causes humanitaires, mais ils sont bien obligés de se montrer réalistes. A défaut, l’électeur se détournera d’eux.

- Cette attitude est-elle citoyenne ? demande Jémabo. N’y-a-t-il pas un peu d’hypocrisie dans cette attitude ?

- Non, dis-je, l’électeur est avant tout un être humain et, à ce titre, il ressent des émotions. Ce que les médias exploitent d’ailleurs avec avidité en programmant des reportages toujours plus sensationnalistes et émotionnels, pour vendre de belles pages de publicité consumméristes. Toutefois, tout individu doit aussi, et d’abord, assurer sa survie et celle de ses proches, c'est-à-dire les loger, les nourrir et assurer leur protection. A ce titre, le réalisme refait vite surface.

- Réalisme ou égoïsme ? interroge Jémabo.

- Dans un pays où le taux des prélèvements obligatoires voisine les 50% des richesses produites (PIB), alors qu’un français sur deux ne paie pas d’impôt sur le revenu, je ne crois pas que l’on puisse accuser les citoyens d’être égoïstes. Ils manifestent déjà clairement ainsi leur solidarité.

- Alors, dit Jémabo, les mouvements politiques qui poursuivent l’idée d’un alter mondialisme ou d’une collectivisation accrue des richesses n’auraient donc pas d’avenir…

- C’est mon sentiment. La compassion n’interdit pas la raison. Chacun comprend bien qu’accueillir une immigration massive alors qu’il y a plusieurs millions de chômeurs en France serait nuire à l’intérêt de nos enfants. De même, chacun veut que sa famille vive en sécurité, sécurité dans la rue, sécurité sociale, sécurité dans la retraite. Je crois que les électeurs l’ont déjà montré lors des dernières élections présidentielles en accordant pour une part significative leurs voix au Front National. Sans juger de la pertinence de cette réaction, il y avait une démarche de protection des intérêts individuels dans ces votes. C’est probablement pourquoi le Parti Socialiste drague au centre et non à gauche comme le souhaiterait les communistes et les altermondialistes.

- En ce sens, dit Jémabo, N. Sarkozy parait avoir adopté le bon positionnement en revendiquant la défense des valeurs qui fondent la société : le travail, la sécurité et la place première accordée à la liberté de chaque individu. – C’est également le cas, dis-je de F. Bayrou qui affiche sa figure rassurante d’homme du centre et du rassemblement (sans toutefois indiquer cependant avec qui il pourrait gouverner).

- Nous verrons si cette analyse se vérifie dans trois jours, dimanche 22 avril après 20h00, dit Jémabo.

- En effet, la parole est maintenant aux électeurs…et à nos amis bloggeurs.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Jeudi 19 avril 2007

Cf également l'article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps Jémabo".

Le 19 avril 2007.

- L’élection du prochain président de la République approche, fait remarquer Jémabo. Tous les candidats incitent les électeurs à voter utile dés le premier tour.

- Le vote est utile en soi, dis-je. Tout vote est utile puisqu’’il est en principe le résultat d’une implication citoyenne dans la vie de la citée.

- Vous contestez donc l’utilité du vote de ceux qui protestent contre le système en place.

- En quelque sorte, oui. Dis-je. Voter pour un candidat qui veut détruire le système démocratique n’est pas vraiment utile. De même, n’est pas utile le vote d’un citoyen qui n’aura pas pris la peine de lire les professions de foi des candidats ou qui obéit à des directives données par des tiers qui l’influencent. Le vote doit émaner d’un citoyen et non pas d’un être soumis ou incapable de réflexion.

- Cela étant, dit Jémabo, les candidats vont au-delà de cette utilité de l’expression démocratique. Pour certains il y va de la simple survie politique de leur mouvement politique, situation des « petits » candidats. Pour les candidats en tête des sondages, l’objectif est de figurer parmi les 2 qui auront le droit de participer au second tour.

- Cette « utilité » est le résultat de calculs politiciens, dis-je. La pratique des sondages conduit à faire croire que l’élection serait déjà quasiment faite, sauf si les indécis se mobilisaient en dernière minute ; ce qui est hautement critiquable. A quatre jours du premier tour, tout citoyen doit avoir fait son choix. Cette notion d’indécis n’est qu’un artifice pour tenter de manipuler les esprits les plus faibles.

- Mais, dit Jémabo, la technique d’une élection à deux tour favorise les stratégies de vote utile : voter au premier tour pour le candidat qui porte ses idées ou pour celui qui sera le plus proche de son cœur et susceptible de participer au second tour.

- L’élection présidentielle a pour but de désigner un homme ou une femme qui représentera les français et la France à l’étranger. Le réflexe citoyen doit conduire chacun à se prononcer non pas avec son cœur mais avec sa raison. Le vote n’est utile que s’il est raisonné. Il appartient à tout électeur de s’interroger sur l’aptitude des candidats à assumer ce type de responsabilité. Toute autre considération doit être écartée. Or, certains candidats n’ont manifestement pas cette étoffe et leur élimination doit être préconisée. On peut d’ailleurs se poser la question du motif qui a conduit 500 élus à leur donner leur signature et leur permettre de se porter candidat. Le vote utile aurait du se manifester chez ces élus locaux.

- Alors, dit Jémabo, j’invite tous nos lecteurs à se documenter sur les programmes des candidats et à se poser une seule question : le candidat vers lequel penche mon choix présente-t-il un programme capable de conduire la France pour cinq ans et de réaliser les réformes attendues et toujours repoussées jusqu’alors ?

- Voici un bon réflexe, dis-je. Et n’oubliez pas que l’abstention est un renoncement qui profite aux extrémistes et fait injure à ceux qui se sont battus pour rétablir la liberté sur notre sol.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 14 avril 2007

Cf. également article n°1 dans cette catégorie "art-littérature".

Prix Nobel de littérature en 1988 pour l’ensemble de son œuvre, Naguib Mahfouz a écrit « la belle du Caire » en 1945. Ce livre raconte un peu l’histoire de Faust qui, selon la légende, se donna au démon pour accéder aux richesses de la vie terrestre moyennant le prix de son âme.

Jeune universitaire, le héros (Mahgoub) trouve difficilement un chemin pour se faire une place à sa hauteur dans une société que l’on sent tiraillée entre la modernité (perçue comme passant par le bouleversement de la société par l’adoption du socialisme), la religion (l’islam comme recours contre la déliquescence sociale) et le conservatisme (maintien des avantages acquis par les classes dirigeantes en place). 60 ans plus tard, on imagine facilement que les jeunes égyptiens restent pris entre ces trois courants. Mahgoub, fait le choix du « baste » : il rejette toute théorie sociale au profit de l’individualisme stricte. Sa condition l’y incite : il est intelligent, n’a rien et en souffre dans son cœur et dans son corps, et a des prétentions démesurées. Le sort placera sur sa route Ihsane, jeune et belle égyptienne qu’il épousera, pour rendre service à son protecteur et réussir ainsi son ascension sociale.

Mahgoub est détestable. Naguib Mahfouz ne fait rien pour lui donner de l’humanité. A chaque phase nouvelle du roman, où un éveil des sentiments pourrait survenir, Maghoub s’efforce de tuer dans l’œuf tout regret. Les remords et la compassions sont pour les faibles. Il sait ce qu’il fait, et il traite les autres avec le mépris de celui qui, parti de rien, n’a de merci à rendre à personne et n’a pas à justifier des méthodes qu’il utilise pour réussir. La société de la bourgeoisie égyptienne à laquelle il a accédé lui apparaît corrompue et il estime qu’il lui appartient de tirer le maximum de sa situation, y compris au prix de l’amitié de ses camarades d’université et de l’abandon de sa famille dans le dénuement.

Au coté de Mahgoub, Ihsane mène une vie de courtisane. Elle a accepté son sort, fait d’un confort échangé contre sa conscience. Leur histoire sera faite d’un amour convenu et d’intérêts partagés.

La fin du roman remet chacun des protagonistes à sa place. Avec, peut-être, l’espoir que Maghoub tire un enseignement de la portée des idées qu’il prône et dont la mise en œuvre ne lui a finalement pas été profitable.

Quelle est votre regard sur ce livre ?

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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