Dimanche 25 février 2007
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Cf. article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".
Le 25 février 2007
- Les hommes sont de plus en plus nombreux sur
la Terre, constate Jémabo. Et, malgré les efforts qui ont pu être faits depuis 50 ans, il y a toujours autant de difficultés pour nourrir la moitié de l’humanité. La recherche agronomique a peut-être trouvé la solution avec les OGM (organismes génétiquement modifiés).
- La faim reste un des fléaux de notre temps dans les pays du Sud. Cependant, je doute que les agriculteurs de ces pays bénéficient effectivement du fruit de ces recherches dont les conséquences écologiques et sanitaires ne sont d’ailleurs pas encore totalement maitrisées.
- Et pourquoi pas ?, dit Jémabo. Rien ne justifie plus le recours aux OGM que la lutte contre la famine.
- Bien sûr, ceci est un argument très médiatique pour faire accepter l’idée que les OGM sont un bienfait pour les hommes. Il convient cependant de s’interroger sur la véritable finalité de la recherche agronomique et sur son impact écologique. Elle est réalisée par des groupes industriels dont la vocation n’est pas de faire de la philanthropie. Cette recherche coûte cher et il faudra que les retombées économiques soient réelles. Et, cher Jémabo, qui paiera pour que les paysans des pays du Sud, sans le sou, accèdent librement aux OGM ?
- Alors, dit Jémabo, à quelle fin développer les OGM ? Les pays du Nord se tirent très bien des problèmes liés aux insectes et aux maladies. En matière de traitements phytosanitaires, les progrès ont été sensibles et orientés vers un plus grand respect des écosystèmes. Pourquoi nos paysans achèteraient-ils des graines issues d’OGM ? D’autant plus que les OGM pourraient nuire à la préservation de la nécessaire diversité des espèces et constituer un danger pour la santé des hommes.
- Parce que l’agriculture est en crise, Jémabo. Les agriculteurs des pays du Nord constituent un monde en voie de réduction, si ce n’est de disparition. Il faut produire toujours plus pour survivre. Et le monde agricole, divisé, est a priori majoritairement prêt à céder à toutes les sirènes qui lui seront montrées par les tenants de l’industrie agro-alimentaire…si les pouvoirs publics, investis de la mission de préserver l’intérêt général, l’autorisent.
- Et que font les Etats sur ce sujet ? dit Jémabo.
- Cette question les embarrasse fort. La recherche financée par des fonds publics n’est pas très présente dans le débat. Les citoyens se méfient ; on leur a vendu les poulets et les porcs élevés en batterie, ils ont failli consommer du bœuf aux hormones à la mode américaine, on leur a fait manger des fruits et légumes bourrés de produits chimiques. Le principe de précaution voudrait donc que les recherches et tests soient poursuivis encore quelques années avant toute commercialisation…mais les industriels font pression…et le sujet ne peut être traité au seul plan national. Dans ce contexte, les autorisations de productions avec des graines d’OGM sont délivrées petit à petit, avec la bénédiction des autorités européennes.
- Tout cela n’est pas très rassurant, dit Jémabo. D’autant que je vois mal comment élever la productivité en matière agricole sans progrès issus de la recherche scientifique.
- Votre interrogation est partagée Jémabo. La mise au point d’OGM parait inéluctable car personne ne peut arrêter la recherche scientifique sur les plantes ou les animaux. Au-delà des enjeux financiers, c'est compliqué d'interdire totalement la recherche sur le plan philosophique et il y aura toujours des Dr Folamour. De même, comment éviter la propagation, y compris par inadvertance, de plantes OGM qui détruiraient l’écosystème… Il appartient aux citoyens d’investir ce domaine et d’être vigilants dans leurs achats : si le consommateur refuse d’acheter des produits contenant des OGM, les industriels cesseront d’y placer leurs capitaux. A vous de choisir et de faire entendre votre volonté par vos achats : cela ne coûte pas toujours plus cher de se nourrir sans risque, il faut surtout en avoir envie.
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