IL N'EST JAMAIS TROP TÔT...

Ce journal, édité dans la catégorie "Société", a un titre plutôt austère. Mais ne vous y trompez pas. Il ne faut pas se fier aux apparences. Comme en toutes choses, il faut savoir distinguer l'enveloppe et le contenu. Jean de la Fontaine le disait déjà dans " le cochet, le chat...". En jardinage, j'affirmerais qu'il ne doit pas être conclu de la nature du fruit au seul goût de son écorce. Zut, je retombes sur de la Fontaine et sa " guenon, le singe...".

Ici, l'ambition est de faire jaillir l'intelligence de la réflexion. Faire grandir l'Homme en le nourissant d'idées les plus variées. C'est possible par des articles sérieux, mais aussi par des chroniques plus légères.

S'il n'est pas trop tard pour bien faire, admettez qu'il n'est pas trop tôt non plus. Regardons autour de nous... Dans un monde de plus en plus ouvert sur le plan économique, mais aussi trés largement fragmenté par les idéologies qui le traversent, l'Homme-citoyen conserve toute sa réalité et sa nécessité. Il constitue le plus petit maillon de cette grande chaine Humaine que nous avons beaucoup de mal à faire survivre. L'individu-citoyen, acteur du pacte social, sera toujours à la fois source de richesse pour ses contemporains et d'incertitude pour ceux qui veulent instrumentaliser les masses. Sa créativité, sa tenacité et sa foi en l'Homme sont le ferment du succés de notre avenir.

Pour nous aidez, j'ai invité un témoin nouvellement arrivé sur cette terre. Jemabo va nous accompagner dans les pages qui suivent. Etonnez vous comme lui, aidez le à mieux comprendre nos motivations, donnez lui un peu de votre temps en réfléchissant à notre mode de vie et à l'avenir que nous fabriquons chaque jour pour nos enfants. 

Déchainons nous ; secouons la poussière et le poids des tracas quotidiens qui recouvrent nos neurones.

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Samedi 31 mars 2007

« Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui. Demeurer enclos dans son identité, c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange, le commerce avec l’autre. Entre les rives du même et de l’autre, l’homme est sur un pont » Jean-Pierre Vernant, philosophe, anthropologue et historien.

Par BB - Publié dans : Réflexions ludiques
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Mardi 27 mars 2007

Cf également article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

Le 27 mars 2007

- Nous vivons dans une société de plus en plus exigeante, dit Jémabo. C’est le signe que les individus sont de mieux en mieux informés et souhaitent participer pleinement à la direction de leur destin.

- S’il est certain que nos concitoyens se montrent soucieux d’obtenir tous les avantages que notre société peut leur procurer sur le plan matériel, dis-je, je ne suis pas du tout convaincu par l’idée qu’ils auraient vraiment conscience de la portée de leurs exigences et qu’ils agiraient en citoyen faisant partie d’une communauté.

- Les adultes, par exemple, sont soucieux de l’éducation de leurs enfants et demandent que le système scolaire soit performant. Ils s’impliquent dans les questions de justice en attendant que les juges travaillent plus rapidement sans arbitraire. Les exemples sont nombreux, dit Jémabo.

- Vous montrez effectivement que les individus ont des attentes fortes et ne manquent pas de le montrer. Ainsi, pour préserver le « modèle français », n’ont-ils pas hésité à dire « non » à la constitution européenne qui portait un projet sociétal de grande dimension pour 450 millions d’individus…Mais ces attentes sont-elles le fruit d’une réflexion mature ? N’est-ce pas plutôt le reflet d’actes identiques à ceux d’enfants trop longtemps gâtés qui refuseraient, par égoïsme primaire, de se poser des questions sur les fins visées et les moyens disponibles pour les atteindre ?

- Il est vrai que l’engagement politique et syndical des français est assez faible, dit Jémabo. C’est le signe que les individus manquent de conscience collective, qu’ils ont une vision individualiste de leur avenir.

- C’est le signe que les adultes agissent sans se sentir concernés par ce qui arrivera demain compte tenu des décisions prises, ou non prises, aujourd’hui. Cela se constate dans les débats sur les retraites, sur le logement, sur l’emploi…C’est tout l’objet du débat citoyen qui anime ce blog.

- Il faut donc inciter nos concitoyens à se positionner dans une perspective d’avenir collectif, hors de la simple satisfaction de l’instantané.

- Effectivement, Jémabo. Des adultes s’interrogeant sur leur rôle dans la société, pour eux et leurs enfants, formeront des citoyens éclairés qui pourront valablement donner des orientations claires à leurs élus. Voilà une bonne définition de l’expression « adultes responsables ».

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 24 mars 2007

"Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n’assiège plus parce que la vie s’en est allée."

Jean Raspail ; écrivain

Par BB - Publié dans : Réflexions ludiques
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Dimanche 18 mars 2007

Cf. également articles 1, 19 et 37 dans cette catégorie « chronique du temps-Jémabo »

- Quel beau métier que celui d’enseignant, dit Jémabo. Les professeurs de collège ont la garantie de l’emploi, ne travaillent que 18 heures par semaine et sont en vacances régulièrement et aussi longtemps que les enfants.

- C’est une situation qui fait nécessairement des envieux dans un contexte de précarité de l’emploi et de chômage persistant, dis-je. Mais il ne faut pas croire que le monde enseignant soit pour autant satisfait.

- Ce sont des ingrats, dit Jémabo. Beaucoup de salariés du secteur privé accepteraient des conditions d’emploi similaires.

- Leur situation est effectivement attractive ; sinon comment expliquer que le métier soit recherché par les étudiants. Elle n’est cependant pas aussi idyllique que cela parait, Jémabo. D’abord, une part des enseignants, certes minime, relève du secteur privé (collèges sous contrats avec l’Etat). Tous ne sont donc pas fonctionnaires. Les 18 heures ne représentent que le travail en classe. Les professeurs doivent également préparer leurs cours, corriger les copies, et actualiser leurs propres connaissances. De plus, leur grille de rémunération tient compte des longs congés d’été.

- Mais alors, pourquoi sont-ils tant enviés et décriés, dit Jémabo.

- Les facteurs de mécontentement vis-à-vis des enseignants sont nombreux, dis-je. La qualité du travail qu’ils rendent ne parait plus suffisante aux yeux de parents toujours plus exigeants mais incapables d’encadrer leurs enfants. Les parents ne jouent plus vraiment leur rôle et se déchargent sur l’école qui est maintenant considérée comme un simple prestataire de services : l’enfant lui est confié pour qu’il ait son BAC et devienne un bon citoyen. De ce fait, les échecs scolaires et les incivilités sont imputés aux enseignants.

- Sachant que les enseignants peuvent facilement améliorer leurs revenus en travaillant en dehors de leurs heures pour l’Etat…

- Les enseignants peuvent effectivement dispenser de la formation par correspondance, dans des entreprises de remise à niveau scolaire, en écrivant des articles ou des livres…Mais cela n’est le fait que des plus capables et courageux. Les autres, s’abritent derrière leurs puissants syndicats pour exiger des revalorisations salariales. Ce sont d’ailleurs ceux qui sont les moins compétents qui râlent contre l’Etat et donnent une mauvaise image de leur profession.

- Finalement, dit Jémabo, il en est des enseignants comme de toutes les professions. C’est la qualité des femmes et des hommes qui les exercent qui comptent.

- Le recrutement des enseignants doit donc continuer d’être fait avec rigueur, dis-je. Il faudrait aussi que le moyen soit trouvé de réorienter ceux qui, après 15 ou 20 ans de travail, s’avèrent dans l’incapacité de rester valablement au contact des enfants. Mais les enseignants concernés sont-ils prêts à abandonner leur statut : horaires et congés, pour un emploi de fonctionnaire plus traditionnel…

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Vendredi 16 mars 2007

Cf.article n°1 dans cette catégorie "art-littérature".

Le 16 mars 2007

Ecrivain israélien né en 1939, Amos OZ a écrit ce livre en 2004. Il a été publié en 2005 et édité en français en 2006.

Il nous donne le récit de l’aventure de deux enfants, garçon (Matti) et fille (Maya), qui vont décider de partir dans la forêt profonde, celle où les adultes interdisent d’aller, pour découvrir le terrible secret des habitants de leur village.

Présenté de la sorte, ce conte ne paie a priori pas de mine. Toutefois, l’histoire prend une tournure plus intéressante dés que l’on ajoute que le village est isolé et peut être considéré comme un monde fini en soi, que tous les animaux ont disparu de ce monde, à titre de sanction de l’attitude passée des villageois, que ceux qui affichent une personnalité typée ou hors norme (cas de Nimi) sont mis au ban de la vie sociale, et qu’un être terrible (Nehi) serait le maitre de la nuit et de la forêt.

Amos OZ nous fait alors découvrir que la tolérance est une qualité indispensable pour permettre à chacun de vivre en paix avec son environnement, et que les enfants, par leur pureté de cœur et leur capacité apparente à dépasser les préjugés et les interdits, sont porteurs d’espoirs d’un monde meilleur.

A noter que l’auteur parait reprendre une partie de l’histoire biblique de Nöe, puisque Nehi a reconstitué au sommet de la montagne une sorte d’Arche au sein de laquelle tous les animaux se sont réunis hors de la portée des hommes et vivent ensemble en toute quiétude et harmonie. Certes, cela a un coté irréaliste. D’une part, les animaux carnivores consomment des « carnélias », plantes remplaçant la viande. D’autre part la tolérance attendue par Nehi irait jusqu’à nécessiter que les hommes renoncent à exploiter et consommer les animaux.

Voici un petit ouvrage bien original par la forme retenue par Amos OZ (conte) qui se lit assez vite (118 pages) et qui peut être mis sans danger entre les mains des adolescents et des adultes.

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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Dimanche 11 mars 2007

Cf.article n°1 dans cette catégorie "réflexions ludiques".

« Une morale devient paternaliste quand elle vous déclare immoral, sous prétexte que vous vous moquez d’être « parfait », que vous fumez, mangez trop, consommez de l’alcool (…). Bref, quand cette morale vous reproche ce que vous faites délibérément à vous-même, autrement dit votre « style de vie ». »  

Ruwen Ogien, docteur en anthropologie sociale et en philosophie, directeur de recherche au CNRS.

 

 

 

 

Par BB - Publié dans : Réflexions ludiques
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Mercredi 7 mars 2007

07 mars 2007

Cf article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- C’est aujourd’hui que les femmes sont à l’honneur, dit Jémabo. Voici une bonne intention en faveur de la gente féminine.

- Cela n’est pas très bon signe, dis-je, d’un ton plutôt renfermé.

- Pourquoi afficher un tel mécontentement, réplique Jémabo. Il est bien que la société montre son souhait de voir les droits des femmes mieux respectés. Les hommes ont trop tendance à monopoliser le pouvoir et les décisions.

- C’est bien ce qui me désole Jémabo. Cela fait des années que l’on nous rebat régulièrement les oreilles de rapports et de décisions ou lois tendant à accroitre la reconnaissance de la place des femmes. Tous les gouvernements prennent successivement de bonnes résolutions dans ce domaine. Tout parait mis en place pour mieux permettre aux femmes de concilier vie de famille et travail. Mais dans les faits, il faut encore en passer par une journée d’action… Quand auront-elles une « semaine de la femme » ?

- Il ne peut cependant pas être nié que des efforts ont été faits, dit Jémabo.

- Vous avez raisons de le souligner. Tout cela est encore très récent au regard de l’échelle du temps. Je n’ose même pas faire de commentaire sur la considération accordée à la femme dans de nombreux pays étrangers. Et pour la France , il y a à peine plus de 60 ans que les femmes ont le droit de voter, 40 ans que la contraception est reconnue et 30 ans que les femmes disposent de leur corps au travers de l’avortement. Mais, aujourd’hui, les femmes restent encore très en retrait dans les secteurs économiques et professionnels. Quels que soient les discours de nos dirigeants, les femmes sont rares dans les instances dirigeantes des entreprises et de l’administration.

-Peut-être faudrait-il qu’une loi pose des quotas en la matière, dit Jémabo.

- Je ne crois pas dans l’efficacité de mesures qui contraignent, dis-je. C’est source de discrimination et de procédés de contournements qui ne font qu’envenimer la situation en la masquant.

- Alors, que faire ?

- Il faut que les mentalités évoluent, Jémabo. C’est là tout le rôle des enseignants et des parents, dés le plus jeune âge des enfants. Il n’y aura d’égalité entre les hommes et les femmes que lorsque les garçons et les filles recevront réellement la même éducation. Là est le nerf de la guerre contre l’inégalité actuelle.

- Vous préconisez donc que les programmes scolaires prennent mieux en compte ce sujet ?

- Effectivement, mais ce ne sera pas suffisant. Il faut également que chaque citoyen fasse régulièrement un examen critique de son comportement : que les mères renoncent à avoir des filles aux airs de poupées à marier, que les pères montrent à leurs fils qu’il faut respecter les femmes et non les désirer comme des objets, que les employeurs reconnaissent que des talents féminins peuvent apporter autant à leur entreprise que des hommes.

- Ce sera long dit Jémabo, pensif.

- La route vers plus d’Humanité entre les individus est longue. Les résultats seront lents à apparaître. Mais, l’espoir doit nous inciter à agir au quotidien, sans mollir.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Vendredi 2 mars 2007

Cf. article n°1 dans cette catégorie "art-cinéma-théâtre"

28 février2007

Pièce de théâtre adaptée du conte écrit en 1757 par Mme Leprince de Beaumont (ce que tout le monde ignore), donnée en représentation au théâtre ESSAION (M° Rambuteau) pour le plus grand profit des plus jeunes d’entre nous même si les adultes apprécient.

Petit théâtre caché derrière le Café de la Gare , il dispose d’une salle voûtée en pierres, située en 2ème sous-sol (au moins..), accessible pour une centaine de spectateurs.

La pièce s’adresse à un public jeune (de 4 ans à 9 ans) et revoit le mythe de la Belle parvenant, par sa tolérance et sa générosité, à transformer la laideur et la méchanceté en beauté et amour. Rien de neuf, si ce n’est l’introduction d’une sœur pour Belle, Frénégonde, au caractère futile, superficiel, égoïste…, contraste qui permet de mettre en valeur, auprès des jeunes enfants, les qualités de Belle, personnage discret.

Les 4 acteurs, dans des costumes réussis, et spectaculaire pour la Bête , jouent avec un plaisir évident, jonglent rapidement avec les nombreux changements de décors (un exploit sur une si petite scène) et, cerise sur le gâteau, Belle joue quelques morceaux au piano, devant nous, pour charmer la Bête.

Les spectateurs ressortent enchantés, et les enfants conquis. A la fin de la pièce, la troupe s’adresse directement à eux et leur distribue le trésor de la Bête  : des pièces en chocolat !

En cette période de vacances scolaires, j’encourage vivement ce genre de spectacle, qui pour 6 euros (une place de cinéma !), suscite la réflexion sous un aspect ludique et convivial.

Par MLB - Publié dans : ART - cinéma - théâtre
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Dimanche 25 février 2007

23 février 2007

Cf. article n°1 dans cette catégorie "art-cinéma-théâtre".

Au terme d’une tournée en province, la pièce Casse-Noisette est donnée en représentation par la Compagnie EclaThéâtre (fin le 25 février) à Paris au Théâtre Comédia (M° Strasbourg St-Denis). Adaptation théâtrale de Christian Grau-Stef, d’après le conte d’Hoffmann (Casse-Noisette et le Roi des rats) et l’œuvre de Tchaïkovski, cette pièce, associe tout à la fois le théâtre et la danse.

Elle séduit les enfants par la simplicité de son histoire et la justesse du jeu des acteurs. Elle illustre bien auprès de leurs parents le cheminement d’une jeune fille vers l’âge adulte. Bien que l’histoire reprenne les fondamentaux d’une époque datant un peu, on se surprend à constater que les jeunes filles assistant au spectacle en sortent toutes émues d’avoir vu le rêve de Marie (Clara dans le ballet originel) se terminer par son mariage avec son prince charmant à l’image de Casse-Noisette. Finalement, les petites filles d’aujourd’hui, et très certainement leurs mères, restent encore particulièrement sensibles au mythe du prince charmant. A noter l’absence du père, remplacé par le parrain ; ce qui doit permettre d’éviter le piège d’Œdipe et d’Electre.

Du grand spectacle dans une salle magnifique, mené par 11 acteurs et danseurs mêlant habilement le théâtre et la danse classique, avec des textes d’une grande qualité. Pour le prix de quelques places de cinéma, voilà un vrai spectacle prenant et divertissant, pour petits et grands. En prime, les comédiens viennent en fin de spectacle dialoguer avec la salle. Du rêve à la réalité…

 

 

 

 

Par BB - Publié dans : ART - cinéma - théâtre
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Dimanche 25 février 2007

Cf. article n°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

Le 25 février 2007

- Les hommes sont de plus en plus nombreux sur la Terre, constate Jémabo. Et, malgré les efforts qui ont pu être faits depuis 50 ans, il y a toujours autant de difficultés pour nourrir la moitié de l’humanité. La recherche agronomique a peut-être trouvé la solution avec les OGM (organismes génétiquement modifiés).

- La faim reste un des fléaux de notre temps dans les pays du Sud. Cependant, je doute que les agriculteurs de ces pays bénéficient effectivement du fruit de ces recherches dont les conséquences écologiques et sanitaires ne sont d’ailleurs pas encore totalement maitrisées.

- Et pourquoi pas ?, dit Jémabo. Rien ne justifie plus le recours aux OGM que la lutte contre la famine.

- Bien sûr, ceci est un argument très médiatique pour faire accepter l’idée que les OGM sont un bienfait pour les hommes. Il convient cependant de s’interroger sur la véritable finalité de la recherche agronomique et sur son impact écologique. Elle est réalisée par des groupes industriels dont la vocation n’est pas de faire de la philanthropie. Cette recherche coûte cher et il faudra que les retombées économiques soient réelles. Et, cher Jémabo, qui paiera pour que les paysans des pays du Sud, sans le sou, accèdent librement aux OGM ?

- Alors, dit Jémabo, à quelle fin développer les OGM ? Les pays du Nord se tirent très bien des problèmes liés aux insectes et aux maladies. En matière de traitements phytosanitaires, les progrès ont été sensibles et orientés vers un plus grand respect des écosystèmes. Pourquoi nos paysans achèteraient-ils des graines issues d’OGM ? D’autant plus que les OGM pourraient nuire à la préservation de la nécessaire diversité des espèces et constituer un danger pour la santé des hommes.

- Parce que l’agriculture est en crise, Jémabo. Les agriculteurs des pays du Nord constituent un monde en voie de réduction, si ce n’est de disparition. Il faut produire toujours plus pour survivre. Et le monde agricole, divisé, est a priori majoritairement prêt à céder à toutes les sirènes qui lui seront montrées par les tenants de l’industrie agro-alimentaire…si les pouvoirs publics, investis de la mission de préserver l’intérêt général, l’autorisent.

- Et que font les Etats sur ce sujet ? dit Jémabo.

- Cette question les embarrasse fort. La recherche financée par des fonds publics n’est pas très présente dans le débat. Les citoyens se méfient ; on leur a vendu les poulets et les porcs élevés en batterie, ils ont failli consommer du bœuf aux hormones à la mode américaine, on leur a fait manger des fruits et légumes bourrés de produits chimiques. Le principe de précaution voudrait donc que les recherches et tests soient poursuivis encore quelques années avant toute commercialisation…mais les industriels font pression…et le sujet ne peut être traité au seul plan national. Dans ce contexte, les autorisations de productions avec des graines d’OGM sont délivrées petit à petit, avec la bénédiction des autorités européennes.

- Tout cela n’est pas très rassurant, dit Jémabo. D’autant que je vois mal comment élever la productivité en matière agricole sans progrès issus de la recherche scientifique.

- Votre interrogation est partagée Jémabo. La mise au point d’OGM parait inéluctable car personne ne peut arrêter la recherche scientifique sur les plantes ou les animaux. Au-delà des enjeux financiers, c'est compliqué d'interdire totalement la recherche sur le plan philosophique et il y aura toujours des Dr Folamour. De même, comment éviter la propagation, y compris par inadvertance, de plantes OGM qui détruiraient l’écosystème… Il appartient aux citoyens d’investir ce domaine et d’être vigilants dans leurs achats : si le consommateur refuse d’acheter des produits contenant des OGM, les industriels cesseront d’y placer leurs capitaux. A vous de choisir et de faire entendre votre volonté par vos achats : cela ne coûte pas toujours plus cher de se nourrir sans risque, il faut surtout en avoir envie.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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