IL N'EST JAMAIS TROP TÔT...

Ce journal, édité dans la catégorie "Société", a un titre plutôt austère. Mais ne vous y trompez pas. Il ne faut pas se fier aux apparences. Comme en toutes choses, il faut savoir distinguer l'enveloppe et le contenu. Jean de la Fontaine le disait déjà dans " le cochet, le chat...". En jardinage, j'affirmerais qu'il ne doit pas être conclu de la nature du fruit au seul goût de son écorce. Zut, je retombes sur de la Fontaine et sa " guenon, le singe...".

Ici, l'ambition est de faire jaillir l'intelligence de la réflexion. Faire grandir l'Homme en le nourissant d'idées les plus variées. C'est possible par des articles sérieux, mais aussi par des chroniques plus légères.

S'il n'est pas trop tard pour bien faire, admettez qu'il n'est pas trop tôt non plus. Regardons autour de nous... Dans un monde de plus en plus ouvert sur le plan économique, mais aussi trés largement fragmenté par les idéologies qui le traversent, l'Homme-citoyen conserve toute sa réalité et sa nécessité. Il constitue le plus petit maillon de cette grande chaine Humaine que nous avons beaucoup de mal à faire survivre. L'individu-citoyen, acteur du pacte social, sera toujours à la fois source de richesse pour ses contemporains et d'incertitude pour ceux qui veulent instrumentaliser les masses. Sa créativité, sa tenacité et sa foi en l'Homme sont le ferment du succés de notre avenir.

Pour nous aidez, j'ai invité un témoin nouvellement arrivé sur cette terre. Jemabo va nous accompagner dans les pages qui suivent. Etonnez vous comme lui, aidez le à mieux comprendre nos motivations, donnez lui un peu de votre temps en réfléchissant à notre mode de vie et à l'avenir que nous fabriquons chaque jour pour nos enfants. 

Déchainons nous ; secouons la poussière et le poids des tracas quotidiens qui recouvrent nos neurones.

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Mardi 7 novembre 2006

 

 

 

«  La France est le seul pays démocratique où le mot libéral soit une insulte. Le libéralisme, historiquement, c’est la séparation des pouvoirs, les droits de l’homme et l’économie de marché. Cela dénote à mon avis une antipathie de beaucoup de français pour la liberté qui est un peu inquiétante. »

 Philippe Raynaud, enseigne les sciences politiques à l’université Paris II

 

 

 

 

Par BB - Publié dans : Réflexions ludiques
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Vendredi 27 octobre 2006

Le 27 octobre 2006

- Les média préparent depuis quelques semaines leurs gros titres des jours à venir, dit Jémabo. Ils ont orchestré l’anniversaire du début des troubles survenus dans les banlieues en fin octobre 2005.

- C’est un fait, dis-je. Nous allons être submergé d’articles, chroniques et reportages dans les zones sensibles. Chacun va chercher le bon angle.

- C’est donc une bonne chose, dit Jémabo. Le débat citoyen va pouvoir se développer.

- J’aimerais qu’il en soit ainsi, Jémabo. Mais j’ai peur que la recherche de l’image choc et du sensationnalisme prenne le dessus. Les médias sont des commerçants. Ils sont toujours en quête du scoop qui les valorisera, qui fera monter l’audience et le prix des encarts publicitaires. Il faut rester vigilant sur ce point. Les médias ne sont pas un service public ; ils défendent avant tout leurs intérêts.

- Il est cependant bon de médiatiser la vie dans les banlieues, dit Jémabo.

- Pas plus que celle des campagnes ou des villes moyennes, dis-je. Il ne doit pas y avoir d’exclusivisme en la matière. Il fait bon vivre à peu près partout, comme il y a des poches de difficultés et de misère dans toutes les zones de France. Il faut éviter la stigmatisation qui assimilerait la banlieue à une zone de mal-vivre et de non droit.

- Il est vrai qu’il y a de nombreuses communes de banlieues de grandes villes où l’on vit très correctement. Il ne faudrait pas que les difficultés rencontrées dans certains quartiers deviennent la norme aux yeux de nos concitoyens.

- Les médias vont cependant enquêter sur ce qui s’est fait au profit de ces cités depuis un an, dit Jémabo.

- C’est aussi un point délicat qu’il faut aborder. Les difficultés dans ces cités sont d’origine multiples et complexes. Elles sont le résultat d’abandons des pouvoirs publics (enseignement, police, justice et transports) de longue date. On ne refait pas un quartier en un an. Dans ce délai, on peut lancer des programmes immobiliers de rénovation urbaine, mais non les finir (30 milliards d’€ sont prévus pour 230 projets dans 400 quartiers jusqu’en 2013). On ne rattrape pas l’échec scolaire en un an (il faut motiver les enseignants dont la responsabilité est grande). On ne donne pas du travail à tous les chômeurs en un an. Que va-t-on conclure ? Que le gouvernement ne fait rien ? Que les administrations ne bougent pas ? Je préférerais que l’on fasse un bilan d’étape. Il faut que les gens réapprennent qu’il faut du temps pour former une cité. La culture de l’immédiat doit être abandonnée.

- Certes, mais que dire aux jeunes qui attendent ?

- Il faut les encourager à apprendre, à entreprendre. Cessons de les bercer d’illusions. La vie n’est pas un clip TV ni la télé-réalité. Les travailleurs sociaux (animateurs de quartier) doivent les occuper en vue de les mettre sur la voie du travail scolaire et professionnel et non comme aujourd’hui en leur procurant des loisirs pour gagner leur confiance et avoir la paix. Les solutions de facilité doivent être remises en cause. Les jeunes ne sont pas stupides. Ils peuvent comprendre si, toutefois, on prend le temps de leur expliquer. Si des adultes (enseignants et animateurs sociaux) leur montrent qu’ils leur font confiance et qu’il y a de l’espoir.

Cela dit, je m’interroge sur les actions de certains jeunes, minoritaires, dans ces quartiers sensibles. Que veulent-ils ? Quel est leur projet ? Les médias nous présentent des profils différents, mais comment peut-on en arriver à contester par la violence le service public de la sécurité et des transports ?

- Il y a là un problème d’encadrement de ces jeunes, dit Jémabo. L’encadrement social est peut-être insuffisant.

- Ne donnez pas dans l’angélisme Jémabo. On ne peut pas tout excuser au motif qu’il s’agirait de mineurs. On peut admettre, à la rigueur, les menues dégradations du matériel urbain par des jeunes désœuvrés et manquant d’encadrement ; on doit réprimer les violences organisées. Quand des individus (leur jeunesse n’a rien à voir) attaquent en bande organisée des bus ou les forces de police, c’est une réponse répressive qui doit être donnée. Les habitants de ces cités, ceux qui dans la très grande majorité subissent ces jeunes délinquants, n’attendent pas autre chose.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Jeudi 26 octobre 2006

  " Je déteste la cécité, les faux espoirs, la vie végétative, les esclaves qui soupirent de bonheur pour peu que le fouet les épargne pendant une journée…

Oui, la médiocrité. La médiocrité est une maladie. "

Imre Kertész, "Roman policier"

Par BB - Publié dans : Réflexions ludiques
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Jeudi 26 octobre 2006

Le 26 octobre 2006

Cf article N°1 dans cette catégorie "art-littérature"

Dans cet ouvrage, paru en 2000, Claude Michelet nous entraîne dans la société du début du Moyen-âge. Le terme société est un peu fort quand on sait que la structure sociale de l’époque est encore plutôt ténue. Des hommes vivent sur les terres de France. Ils y survivent plutôt, en groupes relativement isolés et toujours dans la crainte de la maladie, des intempéries et autres perturbations naturelles, et surtout des autres hommes.

C’est dans ce paysage que les Défricheurs d’Eternités vont être mis en scène par C Michelet. Ces mots sont avec des majuscules, comme dans le titre du livre, car ces hommes se sont donnés pour mission d’apporter l’humanité là où les hommes souffrent physiquement ou moralement. Ils y amènent à la fois leurs bras et leur spiritualité. Ils utilisent leurs savoirs et leur capacité d’organisation et de conviction. Ils sont courageux, déterminés et animés du souci de servir la communauté dont ils ont accepté la charge.

La démarche de ces frères bénédictins est forte. Il n’y a de leur part aucune volonté d’asservissement des autres. Ils viennent, s’installent sur des terres qui leur sont confiées, prés de la population et se mettent à son service. Leur pari, c’est de défricher les âmes comme ils vont défricher les terres. Ils veulent gagner l’Eternité pour les hommes.

C’est aussi l’histoire d’un homme, qui passera l’essentiel de sa vie au service de Dieu en se dévouant pour les hommes les plus humbles, les serfs. Un individu plein de bonne volonté, qui remonte ses manches et qui ne cherche ni la gloire ni les honneurs. Un homme à qui est confié la responsabilité de faire perdurer et progresser la communauté, parce qu’il faut que quelqu’un assume cette mission et qu’il ne se sent pas le droit de refuser et de se dérober. La charge sera lourde, mais jamais il ne renoncera malgré les doutes qui l’étreindront continuellement. Il n’agira pas seul. Ce n’est pas un héros qui sauve l’humanité. C’est un compagnon qui saura conduire les moines qui l’assistent dans le but d’installer la spiritualité et l’amélioration des conditions de vie.

Sans espoir, les serfs vivotent et sont résolus à tout subir ; comme des animaux. Ce qu’apportent l’abbé Théodéric et ses frères, c’est une organisation au nom du divin, et ce message d’espoir, pour élever ces serfs au rang d’hommes dignes de Dieu.

Aujourd’hui, alors que la dérision et l’aquoibonisme semblent être érigés en mode de penser, si ce n’est même d’action, on se prend à rêver à la renaissance de cet esprit de quête de la vérité qui anima, notamment, les bénédictins il y a 12 siècles.

Ce pourrait être un message à cette jeunesse dite « des banlieues », en souffrance, voire en errance : « …c’est parce que je doute que je cherche, que je me bats, que je me force à avancer toujours plus loin, que j’essaie de faire un pas de plus alors que mes pieds sont de plus en plus lourds et ma fatigue de plus en plus pesante. Mais je chercherai et agirai ainsi tant qu’il me restera un souffle de vie et le courage de m’en servir pour aller de l’avant et, peut-être, comprendre enfin… ».

Ce n’est pas dans la facilité que l’homme se grandit. Il faut du temps pour faire un homme. Nous ne sommes pas loin de la démarche citoyenne. La démocratie et la liberté sont notre message d’avenir et d’espoir. Mouillons nos chemises. Ne laissons pas les démons nous envahir.

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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Jeudi 26 octobre 2006

Le 26 octobre 2006

- Des citoyens se mobilisent pour la sauvegarde de leur patrimoine, dit Jémabo. Un comité de quartier de Paris est en lutte pour la conservation d’une vieille maison du début du 17ème siècle (22 rue Basfroi dans le 11ème arrt). Voilà, le signe que des individus prennent en main leur vie quotidienne.

- Dans le principe, dis-je, il est effectivement louable que les citoyens agissent en vue de faire valoir leur point de vue. Les comités de quartier créés dans certaines communes permettent leur expression. Toutefois, l’affaire que vous évoquez me laisse perplexe.

- Ah bon. Dit Jémabo. Ces gens défendent la préservation d’un bâtiment vieux de 400 ans.

- Evidemment, dis-je. Vous faites jouer la corde sensible : le patrimoine est l’affaire de tous et les promoteurs immobiliers sont les fossoyeurs de l’Histoire…La rengaine est cependant bien connue et ne devrait plus faire illusion.

- Vous êtes favorable à la démolition ?

- La préservation du patrimoine historique est l’affaire de tous. J’en conviens. Cependant, la collectivité doit faire des choix quant à ce qui doit être conservé et quant au mode de conservation.

- Expliquez moi tout ça, dit Jémabo.

- D’abord, dis-je, le fait que le bâtiment soit ancien n’est pas suffisant en soi pour qu’on le garde. Il faut qu’il ait des caractéristiques propres en montrant l’intérêt particulier. A défaut, la démolition me parait ne pas poser de problème. Ensuite, l’espace constructible à Paris est réduit. Il faut avoir conscience que la conservation d’un tel bâtiment conduit à évincer la construction de logements neufs, plus nombreux et confortables. Cela aussi est important. Je crois donc que dans cette affaire, où l’intérêt architectural n’est pas de première évidence (les experts ne soutiennent pas cette conservation), la solution passe par un relevé précis des caractéristiques de l’immeuble et son étude fouillée, avant sa démolition. Utilisons les moyens modernes de conservation des images et données. La trace historique aura ainsi été sauvegardée.

- Alors, que penser de l’action du comité de quartier ? dit Jémabo.

- Sans vouloir être déplaisant ni faire un procès d’intention, dis-je, j’ai le sentiment que son action est plutôt partisane et égoïste. Je crains que l’objet principal de son action soit uniquement de préserver le cadre de vie actuel des habitants, en évitant la densification de l’habitat. Et cela, sans prendre en compte l’intérêt général des parisiens dans leur ensemble, qui ont besoin de logements supplémentaires. Et aux frais de la collectivité locale, puisque la conséquence de la demande de ces gens sera la rénovation de ce bâtiment par la mairie de Paris. Les « bobos » sont ici en pleine démonstration de leur puissance. Je n’ai jamais vu autant d’articles de presse sur un sujet de si faible importance.

- Alors, dit-Jémabo, que proposer à ce comité de quartier ?

- Qu’il accepte l’arrivée de nouveaux habitants…ou qu’il crée une société immobilière pour acheter la bicoque et la rénover (car c’est aujourd’hui une quasi-ruine) avec ses propres capitaux et non avec l’argent du contribuable parisien. A l’heure où le logement est un enjeu de société et où les fonds publics sont rares, la cause de ce comité de quartier, dans la forme dans laquelle il la présente, est finalement difficilement défendable.

Cf. aussi l’article n° 25 dans cette catégorie « chronique du temps-Jémabo ».

Complément le 10/12/2006 : (Page 29 du Monde daté du 7 décembre) : La ville de Paris a cédé devant les habitants du quartier : La maison datant de 1608 sera finalement conservée et réhabilitée. Cela fera 10% de logements sociaux en moins sur le programme initialement prévu…Il faut savoir ce que l’on veut !

 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Dimanche 22 octobre 2006

« Il faut sauver les condors, non pas tant parce que nous avons besoin d’eux mais parce que nous avons besoin des qualités humaines pour les sauver ; celles-là même qui nous seront utiles pour nous sauver nous-mêmes. »

 Ian Mc Millan, ornithologue américain. 

 

 

 

 

Par BB - Publié dans : Réflexions ludiques
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Dimanche 22 octobre 2006

cf. article N°1 dans cette catégorie "Art-artisan"

Le 22 octobre 2006 

Chacun sait ce que fait le couvreur. Il monte sur les toits pour y poser les différents matériaux nécessaires à sa couverture. Ca n’a a priori rien de bien artistique. C’est un métier difficile. Il comporte des risques de chute. Il demande une bonne santé dés lors que le travail s’effectue en permanence en extérieur. Bref, voici un métier manuel que l’on n’ambitionnerait a priori pas de nos jours pour nos enfants.

Demandez au même homme d’exécuter les ornements d’architecture en zinc utiles à la toiture (prenez le cas de toutes ces demeures historiques), et vous allez vous apercevoir que ce métier nécessite parfois un savoir faire et un talent dignes de ceux d’un artiste.

A l’occasion d’un reportage télévisé, j’ai entendu un ouvrier qui forme des jeunes à son art expliquer qu’il fallait beaucoup regarder et pratiquer avant de savoir faire et de produire un résultat satisfaisant. C’est clair, ce métier de couvreur ornemaniste n’est pas un travail comme les autres. Il ne s’apprend pas que dans les livres et fait principalement appel au meilleur du travail de l’homme : son doigté et sa sensibilité.

Par BB - Publié dans : Art - artisan
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Dimanche 22 octobre 2006

Cf. article N°1 dans cette catégorie "Art-littérature".

Le 22 octobre 2006

Imre Kertész a reçu le prix Nobel de littérature en 2002 pour l’ensemble de son œuvre. C’est un auteur hongrois, né en 1929.

I Kertész a écrit « Roman policier » en 1977, à une époque où la liberté d’expression (et la liberté au sens large) n’était pas le point fort des pays dits du Bloc de l’Est. Ceci explique qu’il en situe l’action en Amérique Latine, pour ne pas faire l’objet de censure dans son pays. Ce seul point montre déjà la force de la pensée et de l’individu face à la structure, à l’oppression. La dictature. est une forme totalitaire et contestable d’asservissement de l’homme. Elle ne se partage pas entre celle de droite (au profit du capital) et celle de gauche (au profit du peuple). Il n’y a pas de bonne dictature. Or, tout dictateur veut se donner une image respectable en se différenciant des autres. C’est ce qui le perd et qui conduit toujours à son remplacement, à terme, par un régime de liberté.

Bien sûr, « Roman policier » nous décrit une situation dans laquelle tout homme naïf (un bleu) peut devenir un salaud. Et on comprend que chacun de nous pourrait être ce « bleu », car personne n’est préparé à affronter les événements résultant d’un coup d’Etat. Les motifs ne manquent pas. Mais le fait que I Kertész ait réussi à publier ce roman en Hongrie en 1977, qu’il ait pu exercer son art durant toutes ces années, est la preuve que l’homme sera toujours supérieur à tout régime totalitaire. Il y a toujours un grain de sable qui empêchera la dictature de se maintenir au pouvoir durablement.

Dans « Roman policier », I Kertész nous présente une machinerie infernale. Le narrateur, Martens, policier ayant intégré les services de renseignement après un coup d’Etat, nous entraîne sur le chemin de l’irréversibilité. Lui-même et ses collègues vivent hors la loi, hors l’Etat. Au service d’une cause dont ils maîtrisent mal le fondement. D’ailleurs, il se pourrait même que chacun ait sa propre cause. Ils sont à la poursuite de conspirateurs, dont le principe de l’existence est posé parce qu’il va de soi que la dictature ne se conçoit qu’avec une opposition tapie, dans l’attente de la révolution.

Cela aussi est rassurant. Aucun dictateur ne dort serein. Il vit avec le souci de se maintenir en place, ou tout simplement en vie. Il est bon de le savoir. Si le dictateur écrase les individus, pris individuellement, il craint l’homme déterminé contre lequel il ne peut rien.

I Kertész nous livre aussi une galerie de portraits. Tous ses personnages illustrent la difficulté pour l’homme de se positionner dans un cadre violent. Il y a ceux qui ne reculent jamais, qui prennent le pouvoir ou qui vont le prendre. Il y a surtout ceux qui hésitent à s’impliquer, parce qu’ils ne réfléchissent pas ou parce qu’ils savent qu’il y a un risque personnel, vital, à prendre, sans certitude de réussite de l’action contestataire. Que ferions nous dans la situation décrite ? Que doit faire le citoyen, si ce mot conserve un sens dans un régime totalitaire ?

Aujourd’hui, ce livre raisonne étrangement lorsqu’on le met en perspective avec ce qui se passe depuis quelques années au Chili. Justice finit toujours par passer ; même si le temps est long et si les démarches sont ardues. A Pinochet, et surtout ses acolytes, alias Mertens, Diaz et Rodriguez, doivent rire jaune en lisant ce livre. Il serait bien que ceux qui ont mené des actes identiques dans le bloc de l’Est connaissent la même fin. Et, au-delà, que ceux qui se rendent encore aujourd’hui coupables de telles exactions envers les hommes soient convaincus que leur heure viendra.

Enrichissante lecture de ce livre de Imre Kertész, qui n’a été traduit en français qu’en 2006.

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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Samedi 21 octobre 2006

21 octobre 2006

Dans ce blog, les Arts sont abordés dans plusieurs catégories d’articles (Cf. le cadre « CATEGORIE » en haut à gauche dans la page d’ouverture du blog). Ceci permet de classer les articles en fonction de thématiques bien connues et devrait faciliter la recherche et la lecture des sujets qui nous intéressent. Chaque catégorie comporte un article N° 1 qui introduit globalement le thème artistique qui sera développé. N’hésitez pas à naviguer dans ces méandres.

En matière artistique, il n'y a que du parti pris. Dans les articles que je soumets à votre appréciation dans cette catégorie « Arts - Artisans », j’ai voulu montrer comment le travail manuel pouvait devenir un art au sens plein du terme. Du fait de notre histoire, nous avons une tradition et un savoir faire en matière artisanale qui sont de grand renommée.

C’est donc de ces artisans qui participent à la création artistique que je vous parlerai dans les articles de cette catégorie.

Vous pouvez aimer et vous serez conquis. Vous pouvez détester et vouloir le dire. Dans tous les cas, votre opinion sera la bienvenue et vos propositions m'intéressent. Mutualisons nos expériences et répandons nos idées... 

Les articles que je publierai dans cette catégorie d’articles, seront donc régulièrement actualisés du résultat de mes réflexions et augmentés de vos commentaires (éclairés bien sûr). Naturellement, je vous donnerai mon point de vue sur vos réactions.

Au plaisir de partager ensemble le fruit de nos réflexions.

Par BB - Publié dans : Art - artisan
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Samedi 21 octobre 2006

Le 21 octobre 2006

Lire aussi l'article N°1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- Un blogger nous précise qu’il estime que le seuil de pauvreté dans sa région (Nice) devrait être fixé à 1300€ pour une personne seule. Il critique donc l’INSEE, qui a fixé ce seuil à 631 €. Quel est votre avis Jémabo ?

- Il faudrait d’abord savoir ce que recouvre le chiffre de l’INSEE ; voir quelle est la finalité de cette étude. On ne peut dénigrer une administration et la caricaturer sans prendre cette précaution. Il n’est jamais bon de se laisser aller à un populisme simpliste.

- Bien sûr Jémabo. Mais au-delà, comment approchez vous la notion de pauvreté.

- D’abord, la notion de pauvreté est assez subjective. Elle prête vite à l’émotion et à l’apitoiement. Je crois qu’il faut porter un regard plus critique sur cette notion. La pauvreté caractérise la situation d’une personne qui manque de moyens pour satisfaire a minima ses besoins matériels et intellectuels. Elle ne peut se limiter aux aspects matériels de la vie. Une personne pauvre doit donc faire l’objet d’un soutien de la part des autres membres du corps social, et donc de l’Etat. C’est probablement la finalité de l’étude de l’INSEE : éclairer le gouvernement sur le niveau des revenus qui doit servir de seuil pour l’octroi d’allocations à caractère social.

- Alors, Jémabo, que répondre à cet internaute ?

- Il existe en France une véritable population de gens pauvres, composée souvent de personnes issues déjà de milieux modestes, dont la santé n’est pas le point fort, et qui ne parviennent pas à se structurer (chômage, monoparentalité…) pour s’intégrer correctement dans la société. Ils doivent dés lors être aidé par la collectivité. Les « minima sociaux » complètent ou suppléent leurs revenus et répondent à leurs besoins matériels urgents. Un réseau important de travailleurs sociaux est par ailleurs mis en place par l’Etat et les collectivités locales pour leur venir en aide moralement et pour les actes principaux de la vie. Tout cela représente un coût, financé par nos impôts. L’Etat encourage également le milieu associatif social en défiscalisant largement les dons qui lui est fait.

- Mais, dis-je, ce n’est pas le cas décrit par notre blogger.

- Plus généralement, dit Jémabo, je crois que les individus font des choix qu’il faut respecter, et qu’ils doivent assumer. Prenons deux exemples : le logement et l’alimentation. Le coût de l’immobilier est plus faible dans certaines régions de France que dans d’autres. Le coût du logement varie entre Lille, Besançon, l’Ile de France et Nice. Et, dans ces zones, il y a le cœur de ville et la banlieue. En outre, une personne aux revenus modestes pourra bénéficier de l’APL pour son loyer, ou d’un prêt conventionné pour emprunter et acheter son toit.

- Il n’y a donc pas obligation de payer 450 € par mois pour se loger quand on vit seul.

- Par ailleurs, notre internaute fait état de l’existence de magasins qui permettent de s’approvisionner à bon marché. Ceux-ci ne vendent pas des produits de seconde main, et ne le font pas par philanthropie. Chacun doit gérer au mieux ses revenus. Je conteste que l’on dise que ces magasins sont réservés aux pauvres. Tout le monde peut les fréquenter.

- En définitive, dis-je, il ne faut pas confondre revenus modestes et pauvreté. Les ménages aux ressources faibles ne sont pas tous pauvres, même si la frontière n’est  évidente à tracer entre ces deux catégories. Sur ce point, je citerai une étude de la fondation Friedrich Ebert (Cf. Le Monde du 19 octobre 2006 p.9) qui met en évidence, en Allemagne, que 8% de la population (soit 6,5 millions) sont des « nouveaux pauvres » ou dans un « précariat déconnecté ». Ces personnes ont des revenus limités, sont au chômage ou en précarité d’emploi, sans réelle éducation, seules ou malades chroniques. Ces gens sont a priori sans perspective d’avenir et se sont résignés. L’Etat a un devoir vis-à-vis de cette population. Il doit tout faire pour que l’ascenseur social se remette en marche.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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