IL N'EST JAMAIS TROP TÔT...

Ce journal, édité dans la catégorie "Société", a un titre plutôt austère. Mais ne vous y trompez pas. Il ne faut pas se fier aux apparences. Comme en toutes choses, il faut savoir distinguer l'enveloppe et le contenu. Jean de la Fontaine le disait déjà dans " le cochet, le chat...". En jardinage, j'affirmerais qu'il ne doit pas être conclu de la nature du fruit au seul goût de son écorce. Zut, je retombes sur de la Fontaine et sa " guenon, le singe...".

Ici, l'ambition est de faire jaillir l'intelligence de la réflexion. Faire grandir l'Homme en le nourissant d'idées les plus variées. C'est possible par des articles sérieux, mais aussi par des chroniques plus légères.

S'il n'est pas trop tard pour bien faire, admettez qu'il n'est pas trop tôt non plus. Regardons autour de nous... Dans un monde de plus en plus ouvert sur le plan économique, mais aussi trés largement fragmenté par les idéologies qui le traversent, l'Homme-citoyen conserve toute sa réalité et sa nécessité. Il constitue le plus petit maillon de cette grande chaine Humaine que nous avons beaucoup de mal à faire survivre. L'individu-citoyen, acteur du pacte social, sera toujours à la fois source de richesse pour ses contemporains et d'incertitude pour ceux qui veulent instrumentaliser les masses. Sa créativité, sa tenacité et sa foi en l'Homme sont le ferment du succés de notre avenir.

Pour nous aidez, j'ai invité un témoin nouvellement arrivé sur cette terre. Jemabo va nous accompagner dans les pages qui suivent. Etonnez vous comme lui, aidez le à mieux comprendre nos motivations, donnez lui un peu de votre temps en réfléchissant à notre mode de vie et à l'avenir que nous fabriquons chaque jour pour nos enfants. 

Déchainons nous ; secouons la poussière et le poids des tracas quotidiens qui recouvrent nos neurones.

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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /Oct /2006 15:22

Cf article N°1 dans cette catégorie "art-littérature"

Le 06 octobre 2006

Je voudrais vous faire profiter de la lecture d’un petit livre que j’avais lu en 1995, lors de sa parution, et que je viens de relire avec tout autant de plaisir.

A l’époque, ce roman s’inscrivait pleinement dans l’actualité de l’Algérie, pays où la population était dans une situation de grand désarroi face à un pouvoir politique chancelant et des services de sécurité (police et armée) dans une sorte d’incapacité à contenir la violence et la terreur que certains groupes faisaient régner. Aujourd’hui, l’Algérie parait plus calme, plus stable. La forte remontée du prix du pétrole et la présence d’un pouvoir fort, donnent le sentiment que ça va mieux.

Dans ce roman, A Djemaï nous présente une peinture de la société algérienne, quarante ans après la décolonisation. Sous certains aspects, on retrouve dans son livre les sentiments et impressions que Camus nous a communiqués dans La peste. Il nous décrit une ville écrasée sous le soleil, à la population cherchant éperdument à donner un sens à la vie. Il faut survivre et s’adapter dans le plus parfait esprit du chacun pour soi. Il y a ceux qui profitent du système (ceux qui ont le pouvoir et pratiquent la corruption et le népotisme ; les trabendistes et leurs relais) et les autres, masses d’individus qui doivent prendre en compte les contraintes toujours croissantes qui pèsent sur eux. Il n’y a pas de morale dans ce livre. L’essentiel, pour chacun, est de continuer de chercher et de croire en un avenir meilleur, en Algérie ou en migrant vers le continent européen.

A Djemaï nous fait découvrir cette société depuis la chambre-bureau du narrateur, statisticien relégué par ses supérieurs. C’est une forme littéraire semblable à celle utilisée par V Pelevine dans son livre « La flèche jaune » cf article N°8 dans cette catégorie « arts-littérature »). Le narrateur de Djemaï (Benbrik) et comme Andreï. Il est le témoin immobile de la déliquescence de sa société. Ces deux personnages vivent une même forme d’histoire. La différence, est que Pelevine est plus optimiste que Djemaï. On peut le comprendre tant le point atteint en Algérie est bas, et tant le défi lancé à la société de ce pays est démesuré.

Car, au travers de ce roman, A Djemaï dénonce également l’incapacité des cadres dirigeants de son pays, sorte de nomenklatura, à mettre en place des moyens nécessaires pour que l’avenir soit meilleur. L’Algérie avance dans un paysage où le mensonge est érigé en système. La vérité est interdite d’expression. Les statistiques sont délibérément fausses. Derrière le coté a priori dérisoire du travail de Benbrik, dans un pays où l’essentiel manque, il y a une critique de l’imprévision et du mensonge d’Etat.

Comment ne pas comprendre, au terme de la lecture de ce livre, qu’une génération d’algériens (dont le nombre est sans commune mesure avec ce que les statistiques officielles admettent) est en train de sombrer dans le système D ou l’exil vers l’Europe ; que l’absence d’Etat est la pire des situations pour les plus pauvres sur cette terre.

Ne croyez cependant pas que ce livre soit triste. Le narrateur, Benbrik, dresse un tableau tout en couleurs, odeurs et saveurs de son pays. Il nous fait part de la perception de tous ses sens, y compris à travers Meriem et Nouria. Il reste à son poste, certes convaincu qu’il a déjà perdu la guerre, mais bien résolu à continuer la bataille. Il compte et fait des statistiques, pour faire prendre conscience de la réalité de l’état de la société.

Voir également l'article N° 15 dans cette catégorie "art-littérature", sur le roman d'A Djemaï : "Gare du Nord".

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 20:41

Le 05 octobre 2006

Cf article N° 1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- Dans les pays occidentaux, les emplois n’exigeant pas de compétence se raréfient, dit Jémabo. Il n’y a donc aucune raison, alors que le chômage des moins qualifiés est important, pour que ces pays acceptent une immigration de populations défavorisées, notamment d’Afrique. Par contre, nos pays ont toujours besoin de professionnels de haut niveau. Dans ce cadre, l’immigration d’ingénieurs, de créateurs d’entreprise ou d’enseignants ou de chercheurs est une bonne chose.

- Une bonne chose pour nos pays, mais un désastre pour les pays d’origine, pour qui cela entraîne une perte de potentiel de développement dont ils ont un bien plus grand besoin que nous.

- Vous seriez donc opposé à toute migration de population, dit Jémabo, incrédule.

- Il ne peut y avoir d’opposition de principe aux migrations de population. Elles sont dans l’ordre des choses quand des peuples ne trouvent pas dans leur pays de quoi satisfaire leurs besoins vitaux. L’immigration est une source de richesse pour le pays qui voit partir ceux de ses ressortissants qui lui coûtent. Le départ de personnes en âge de travailler est déjà en soi une perte (A noter que dans Le Monde daté du 10 octobre 2006, il est indiqué que la moitié des 16 millions de migrants entre 2000 et 2005 ont entre 12 et 29 ans). Comprenez alors le désastre si ces migrants disposent de potentiels intellectuels ou financiers importants. Cela sera générateur d’un retard dans le développement économique et social certain. Prenez le cas de ce qui s’est passé en Europe aux 17ème et 18ème siècles, période pendant laquelle les protestants, qui exerçaient des activités artisanales, ont sérieusement été persécutés et ont migré de façon massive vers les Etats allemands. La France s’en est trouvée durablement appauvrie en capitaux et industries. Un tel exemple est à méditer.

- Il faudrait donc interdire l’entrée en France des élites intellectuelles de pays en voie de développement ? dit Jémabo.

- On ne peut pas interdire. Il ne faudrait toutefois pas inciter par des effets d’annonce de nos gouvernants. Nos pays doivent procéder à l’investissement nécessaire sur la formation et la qualification de ses propres travailleurs. Ces pays en ont les moyens et le nombre de chômeurs serait alors en diminution. Ne pillons pas la ressource humaine des pays en développement, comme cela a été fait avec leurs matières premières. J’ajouterais qu’on pourrait faire un beau geste en faveur de ces pays, en acceptant d’accueillir leurs étudiants en formation dans nos universités et centres de recherche. Outre la qualification professionnelle que ces personnes obtiendraient et pourraient mettre au service de leur pays une fois de retour, cette mesure aurait un effet positif pour nos pays et particulièrement pour la France. En effet, former des cadres étrangers, c’est dialoguer avec eux en français et faire progresser la francophonie. C’est aussi leur transmettre des pratiques usuellement connues de nos industriels. De retour dans leur pays, ces personnes seront donc, de fait, incitées à acquérir des équipements industriels provenant de nos entreprises. C’est enfin une source de richesse pour nos étudiants, qui pourront plus largement confronter leurs connaissances et expériences. Cela devrait ainsi faire progresser la recherche en France.

- Il faudra également, ajoute Jémabo d’un ton solennel, que ce type d’initiative se face dans le cadre d’accords bilatéraux par lesquels les conditions du retour au pays des étudiants sera garanti au profit du pays d’origine. La coopération sur le mode « donnant-donnant », voilà un mode de relation entre les pays du Nord et ceux du Sud qui pourrait changer le regard des gens sur l’immigration.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 11:06

05 octobre 2006

Cf article N° 1 dans cette catégorie "Chronique du temps-Jémabo".

- En me promenant dans les bois, j’ai rencontré des chasseurs, dit Jémabo. Je trouve qu’il y a une forme d’anachronisme à vouloir de nos jours être chasseur dans les forêts françaises. Les espaces boisés devraient être réservés aux promeneurs et autres cueilleurs de champignons. La chasse n’est plus nécessaire pour se nourrir et les animaux sont en général perçus comme des amis des hommes plutôt que comme des cibles à tuer.

- La chasse est effectivement un vestige de l’histoire, dis-je. A ce seul titre déjà, je crois qu’il n’est pas souhaitable qu’elle soit interdite. Les traditions font partie de la culture des hommes. C’est pourquoi je ne suis pas favorable à l’interdiction de la chasse à courre. De plus, la chasse est une activité bien réglementée, de sorte que les espèces animales sont bien protégées contre tout risque de disparition.

- Il ne peut être nié que les animaux seraient plus nombreux si les chasseurs ne les décimaient pas, dit Jémabo.

- Je ne suis pas certain que vous ayez raison, dis-je. Comme vous le disiez, l’espace forestier et champêtre est limité dans notre pays. Or, les grands prédateurs, tel le loup, ont été éliminés. Les renards sont également pourchassés pour cause de rage. Enfin, les rapaces ont bien du mal à trouver leur place. Dans ce contexte, la régulation du nombre d’animaux dans les forêts doit être prise en charge par l’homme. A défaut, les champs seront saccagés par les sangliers, les lapins de garenne vont pulluler dans les prés…Et les risques sanitaires s’accroîtront.

- La régulation pourrait être faite par des professionnels sans que cela soit un moment de plaisir. Il est choquant d’entendre dire que la chasse est un loisir.

- S’agissant d’une activité exercée librement, la chasse me semble bien pouvoir être qualifiée de loisir. Le citadin trouve dans cette activité le moyen de s’évader de la ville et de ses bruits. Le chasseur est d’abord un promeneur, un marcheur. C’est ensuite un membre de société de chasse, lieu de rencontres entre personne de niveaux sociaux et de modes de vie différents. C’est donc un facteur de lien social et d’échanges entre la ville et la campagne, entre les cadres, les ouvriers et les agriculteurs. Et le chasseur participe activement à la préservation de l’écosystème. Les sociétés de chasse tiennent un rôle important dans le contrôle des populations animales. Elles mènent des études et financent des plans de sauvegarde du gibier, tant en ce qui concerne les prélèvements à faire que pour les réintroductions d’animaux. Sans ces organismes, il faudrait que l’Etat instaure une véritable administration de la gestion des forêts, ce qui conduirait certainement à augmenter le nombre de gardes forestiers. Enfin, la chasse est source d’une importante activité économique. Le budget annuel moyen du chasseur est de 1 590 €. Sachant qu’il y a en France 1,4 million de chasseurs, on ne peut nier que cela permet de créer des emplois dans l’industrie (pour les armes et munitions), dans la confections (pour les vêtements) et dans la cynophilie, puisqu’un chasseur possède en général un chien, voire plusieurs. Sans oublier les nombreuses études et observations faites par des chercheurs et vétérinaires, sur demande des fédérations de chasseurs.

- Vous ne voyez donc que des avantages à la chasse, dit Jémabo.

- Non, évidemment. Des effets pervers doivent être dénoncés. Par exemple, la réintroduction d’animaux d’élevage (ex des cailles ou perdrix) trop peu de temps avant la période de chasse. Cela peut entraîner des tirs ressemblant à des massacres, les pauvres volatiles n’ayant pas le réflexe de fuite devant l’homme. Mais, d’une manière générale, pour ce qui concerne notre pays, je crois que la réglementation est d’un bon niveau et que les chasseurs sont relativement bien formés. Je n’en dirais pas autant de certains pays de l’Europe de l’est ou des pays d’Afrique, où certains de nos concitoyens se rendent pour tuer des animaux interdits de chasse en France et classés sur la liste des bêtes en voie de disparition. Une meilleure coordination de l’action au plan international est peut-être souhaitable sur ce point.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 09:32

le 05 octobre 2006

Cf article N° 1 dans cette catégorie "Art-Regards et opinions".

Les arts sont mouvants bien avant d'être émouvants. Un peu comme le lézard que l'on entend passer furtivement dans les feuillages avant d'en apercevoir, tout ému, la tête immobile et inquiète.

Il n'y a pas un Art, comme il y a la Loi. Ce mot est pluriel.

Les arts ne se définissent pas par une norme. Ils sont le fruit de l’expérience emmagasinée, du vécu accumulé par les hommes. L’art est en ce sens le produit de l’histoire.

L'art est partout, il est tout. Il n'est cependant pas n'importe quoi. C'est à la fois beauté, délicatesse, originalité, souvent fugace et fragile.

L'enfant ne sait pas. Il interroge alors l'adulte.

Beaucoup d'adultes sont inquiets à l'idée de devoir répondre à cette question.

Mais faut-il savoir ? Ne peut-on se limiter à vivre et à chercher en regardant ?

Chacun de nous mène sa propre quête, parcourant ce vaste monde les yeux grands ouverts ; sachant qu’il n’est pas toujours nécessaire d’aller très loin pour voir des oeuvres d’art. Il suffit parfois de trouver le temps de ralentir sa course, de trouver le bon angle, et même tout simplement d’avoir envie.

A chacun de s’émerveiller, de découvrir son propre sens du « beau », de se créer son idéal de la perfection sur cette terre.

Les arts, c’est une source de bonheur. 

Par BB - Publié dans : Art - Regards et opinions
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 09:10

Le 05 octobre 2006

Cf. article N°1 dans cette catégorie "Art-littérature"

Pierre Pelot nous fait découvrir la vie quotidienne de quidams parmi les plus déshérités, à qui la société n’accorde habituellement aucune importance. Ils sont là, en marge de la vie des autres citoyens, quelque part dans chacune de nos bourgades de province. C’est plus facile en province car ces gens y ont un mode de vie bien à eux lié à leur condition sociale (cf. les WC dans la cour, l’habitat délabré), moins formaté que celui des citadins.

Ils subsistent grâce aux allocations, à de petits boulots et à des expédients. Personne ne prête réellement attention à eux. Il suffit qu’ils soient silencieux pour que tout le monde considère que tout va bien. Ce sont des gens auxquels les médias ne s’intéressent habituellement pas, qui vivent leur toute petite vie en province Localement, ce sont des personnages malgré tout. Ils ont leur histoire ; une toute petite histoire, qui nous montre d’emblé qu’il y a des individus qui traversent leur temps très modestement, en marge du mælström de l’activité économique et sociale.

C’est émouvant de voir comment Nanase se débat dans la vie pour émerger de ce milieu dans lequel il baigne depuis sa naissance. Anastase Brémont, tel est son vrai nom, n’est pas vraiment considéré comme un membre à part entière dans son village. Tout le monde l’appelle par son surnom ; signe d’une dévalorisation de sa personnalité. On s’étonne de voir cet homme s’interroger sur le sens de sa vie, sur ses relations avec sa mère et sa tante ou sa cousine.

P Pelot nous raconte l’histoire d’un homme marqué. Nanase a les motifs les plus valables pour ne pas être très équilibré. Son passé pèse lourdement sur sa condition. Mais Nanase est normal. Il veut être comme les autres ; il revendique un statut social identique à celui de tous. Nanase passe son temps à tenter de valoriser sa personne. Si les membres de sa famille sont fragiles psychologiquement, lui est sain et veut être respecté. On aurait presque envie de l’aider à sortir de ce milieu.

Et puis, tout bascule. Dans l’horreur froide et raisonnée. Pelot nous emmène tranquillement sur le chemin de la monstruosité banale. Sans excuser Nanase, P Pelot le laisse devenir meurtrier, comme par nécessité. On hésite à condamner d’entrée de jeu cet homme : Que ferions nous à sa place ? il a des motifs « légitimes » pour agir comme il le fait. Nanase argumente. Alors, effrayé par cette pensée, on prend du recul ; ce n’est pas possible…Mais, il n’y a rien à faire, Nanase est le produit de son passé, il est condamné à agir selon des raisonnements qui ne peuvent être admis que par lui-même. Que pouvait-il faire d’autre ? Est ce de sa faute si l’enfant s’est aventuré prêt de chez son ami à l’esprit dérangé ? Pouvait-il abandonner ce copain ? Nanase semble n’avoir jamais vraiment été là où il fallait et il s’en est fait une raison. Sa devise peut se résumer en « saisir les occasions qui passent et rester libre à tout prix ». Alors, Nanase est alcoolique, a peut-être tenté de vendre sa cousine à un souteneur, est voleur de fil de fer, et devient assassin pour couvrir la folie d’un ami (autre cas social, dont l’humanité est totalement absente puisque même son surnom, unanimement utilisé, est celui d’une bête monstrueuse) qui pourrait compromettre sa liberté.

Au-delà des hommes, Pierre Pelot nous donne une peinture sociale comme Zola le faisait à la fin du 19ème siècle. Les pouvoirs locaux sont mis en évidence. Pelot n’a pas d‘affection particulière pour les notables, élus ou pouvoir institutionnel tel que l’Eglise et le corps médical. Il met également en évidence la puissance des médias dans le choix et la diffusion de l’information, et l’émotion collective qui peut être orchestrée autour d’un fait divers. Il fait un tableau critique de ces journalistes saisis par le seul souci du sensationnalisme et qui, par paresse ou lâcheté, font leur métier de façon toute alimentaire ; la mise en exergue des sous-jacents sociaux au fait divers n’est pas publiable…La sanction sera terriblement administrée par José. Mais cela ne se voit que dans les livres.

N’y aurait-il pas, finalement, un peu de « l’affaire grégory » dans ce livre de P Pelot…Le lieu, les gens, l’enfant, l’ambiance générale…

Enfin, et à titre tout à fait anecdotique, un détail me chagrine. Qui peut m’apporter un éclairage sur la description de la météo faite en toute première page du livre ? « Le courant d’air chaud…sud-est / nord- ouest, suivant une ligne Bordeaux-Reims-strasbourg » Comment cela peut-il être compatible ? 

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /Sep /2006 13:41

30 septembre 06

Cf. article N° 1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- Les pays européens se plaignent de l’immigration issue des pays pauvres d’Afrique, dit Jémabo. C’est un sujet sensible qui fait l’objet d’une forte médiatisation actuellement.

- Connaissez vous des flux migratoires en provenance de pays où la qualité de la vie est satisfaisante ? Dis-je. L’immigration a toujours été fonction de l’état dans lequel les populations vivent sur un territoire. N’oublions pas que nos ancêtres de la préhistoire n’ont survécu que grâce aux migrations qu’ils ont faites, avec souvent de nombreuses pertes en hommes, pour trouver du bétail pour se nourrir, des sols pour les cultures, et la tranquillité pour se reposer. De nos jours, selon la Banque Mondiale (données parues dans Le Monde daté du 10 octobre 2006), 16 millions de personnes ont encore quitté leur pays d’origine entre 2000 et 2005 pour fuir la guerre, la misère ou la privation de liberté.

 

- Les choses ne sont pas comparables aujourd’hui, dit Jémabo. Nous constatons que de nombreux immigrants viennent de pays où ils pourraient très bien demeurer.

- Je maintiens ma position, Jémabo. L’histoire est faite de ces guerres et conflits qui poussaient les tribus à se poursuivre pour se réserver ou conquérir les meilleures zones de chasse. Aujourd’hui, la tribu « Europe » voit des membres de la tribu « Afrique » tenter de venir profiter de l’abondance, de nourriture et de soins notamment, qui fait défaut sur son territoire. De même, l’immigration de populations d’Europe de l’Est s’est accrue du fait de la différence des niveaux de vie entre leurs pays et les nôtres. Bien sûr, les relations se sont civilisées ; nous ne tuons plus l’intrus qui essaye de venir partager nos biens. Nous avons des lois et tentons de les appliquer. Mais, globalement, nous sommes dans un schéma de recherche de la satisfaction de besoins élémentaires (manger et bonne santé) identique à ce qui se faisait il y a 3000 ans.

- Ce ne sont toutefois plus des tribus entières qui migrent, dit Jémabo. Le phénomène est individuel.

- Je conviens qu’en première apparence cela ressemble à une immigration d’individus isolés. Cependant, avec du recul, le nombre de ces migrants et la stratégie qu’ils développent pour venir en Europe, me laissent penser qu’il y a une organisation générale de l’immigration de l’Afrique vers l’Europe.

- Mais aucun gouvernement africain ne développe une stratégie de migration de sa population vers l’Europe, dit Jémabo.

- Il n’y a effectivement aucune démarche ouvertement déclarée en ce sens, mais certains dirigeants africains ont déjà tenu des propos sévères envers les pays occidentaux qui étranglent leur économie ; les menaçant d’une immigration massive de leurs populations affamées. De plus, certains villages d’Afrique, notamment au Mali, développent une véritable stratégie d’émigration temporaire de leurs hommes vers l’Europe, pour une période au cours de laquelle leurs membres sont chargés de rapatrier une grande partie de leurs revenus vers le village, pour assurer sa survie.

- Seul un rééquilibrage des niveaux de vie entre les pays du Sud et les pays Occidentaux conduira à la limitation de l’immigration, dit Jémabo.

- C’est effectivement la solution Jémabo. Et ce jour là, les « immigrés » deviendront de « simples touristes »…Ils ne viendront que pour visiter et profiter ponctuellement de nos richesses touristiques. 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /Sep /2006 22:33

29 sept 2006

Cf. article N° 1 dans cette catégorie "Art- littérature".

Ian Pears nous donne ici un bon roman policier d’un genre tout à fait hors des sentiers battus et étonnant. Ainsi, il nous fait rencontrer une série de personnages exerçant tous leur activité dans le domaine de la peinture, du policier au voleur, en passant par le collectionneur et l’artiste lui-même. Tout cela sans ésotérisme ni le langage pseudo-technocratique que certains utiliseraient pour étaler leur science.

Iain Pears nous promène agréablement dans Rome et l’Italie du Sud en nous faisant découvrir quelques uns des trésors de ce pays méditerranéen. Au-delà de la brutalité du comportement de certains acteurs de ce livre, on se prend à aimer cette vie à l’italienne, faite de petites rencontres avec des hommes et des lieux.

Ce qui est appréciable, c’est que ce n’est que vers la page 300, sur un total de 310, que l’on pressent le nom du coupable, celui par qui tout est arrivé. Et il faut encore quelques pages pour connaître les intentions réelles de Flavia, notre héroïne policière. Le suspens est donc bien entretenu et les rebondissements judicieusement organisés.

Ce livre est également dans son temps. D’une part, il donne la place belle à la description d’une classe politique italienne fortement marquée par les contrecoups des luttent des années 70 entre les gauchistes et le pouvoir en place, les coups bas et la compromission. Les mécanismes sont habilement décrits et le caractère et les actes des personnages sont dosés sans excès.

D’autre part, Iain Pears nous fait suivre le mode de vie et les aspirations d’un jeune couple (plutôt proche de la quarantaine cependant) qui symbolise la relève et qui se pose des questions sur l’utilité de se battre pour trouver une place dans une société dans laquelle il ne se reconnaît pas. C’est ce qui rend ce roman actuel. On a l’impression de connaître Flavia et Argyll. Ils ne sont pas installés comme le furent certainement leurs parents à leur âge. D’ailleurs, il n’est jamais fait état de leurs ascendants, ce qui est étrange dans un pays latin où la famille est une donnée essentielle. Ces jeunes sont libres, indépendants et vont remettre en cause leur mode de vie (elle essaie d’imiter son chef ; il voudrait être un bon enseignant de l’art) à l’occasion de l’expérience que Flavia va vivre. Ils vont tous deux quitter finalement le circuit classique qui mène à la promotion dans la fonction publique, pour réaliser leur propre parcours, de façon libérée de toute contrainte.

Enfin, deux mots de peinture. Iain Pears prend pour fil conducteur de son ouvrage la symbolique du thème d’une toile de Claude Gellée dit le Lorrain, Paysage : Céphale et Procris. Voir à cet égard l’article sur Turner (N° 2) dans la catégorie « Art – dessin, peinture » de ce blog. Ce n’est pas sans me faire plaisir.

 Quand au rapport entre le titre du roman et l’histoire, il vous faudra lire le livre ; si, comme je l’espère, je vous en ai donné le désir. Et donnez moi le nom du peintre de cette œuvre, si vous le devinez !

Par BB - Publié dans : Art - littérature
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Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /Sep /2006 21:28

Le 28 sept 06

Cf. l'article N° 1 dans cette catégorie "Art- musique, chant".

Beaucoup a été écrit sur ce compositeur. Il n’est donc pas question ici de présenter une étude. D’autres l’ont fait et il convient de s’y reporter pour y trouver des données historiques ou relatives à ses œuvres.

Je me limiterai à l’idée que je me fais de cet homme qui a connu un sort hors du commun. Mozart a vécu à toute vitesse et a réussi à laisser une empreinte forte dans l’histoire de la musique. Son don pour le jeu musical d’abord, puis pour la composition, se révélera très vite et verra son terme tout aussi précocement. C’est un génie qui passe de façon éphémère dans la deuxième moitié du 18ème siècle. Il sera tour à tour séducteur et pestiféré. Il fréquentera les plus grands et connaîtra la gloire. Il sera rejeté et sa musique n’en deviendra que plus forte, plus intense. C’est un anticonformiste qui se sert de ses extraordinaires aptitudes pour bousculer les genres. Il veut faire mieux que tout ce qu’il entend autour de lui. Mozart est aussi un compositeur qui crée en fonction de ses sentiments, de son humeur. Sa musique est souvent emportée et profonde comme fut certainement mouvementée sa vie.

A ceux qui, ayant encore un doute, n’auraient pas encore sombré dans le plaisir d’écouter la musique de Mozart, je conseillerais d’écouter l’ouverture de deux opéras : « Don Giovanni » et « La flûte enchantée ». Si vous n’avez pas envie, ensuite, d’écouter le reste, c'est-à-dire en définitive de profiter des voix que Mozart sait habilement associer à sa musique, il ne faut pas insister. Mais le pari peut être pris que vous irez au-delà.

Par BB - Publié dans : Art - musique, chant
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Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /Sep /2006 21:45

Cf article N° 1 dans cette catégorie "Art-dessin, peinture".

Encore un peintre à classer dans la catégorie des romantiques. Lisez Goete, et regardez Friedrich... Que d'émotions sans partage possible. A regarder seul, en méditant.

Friedrich peint ses sentiments. Il place sur sa toile ce qu’il voit, ce qu’il ressent au contact de l’extérieur. Et cet extérieur est généralement immense, inquiétant et enveloppant à la fois. Face à ses forêts, au ciel, à la mer ou aux montagnes, l’homme est tout petit. Il redevient poussière au cœur d’un monde fantastique, plein d’énergie et de puissance.

Le ciel et la mer, d’ailleurs, sont multiples dans les œuvres de friedrich. Il nous les présente selon une facette différente selon la saison, l’heure de la journée, de jour et de nuit. Le monde nous est donné tout autant dans sa complexité que dans la beauté de sa force ; celle-ci étant toujours maîtrisée. Il n’y a aucune violence dans les paysages de Friedrich, juste beaucoup de respect pour ce qui est plus fort que l’homme et qui semble devoir être éternel.

On se prend l’envie de pénétrer ces masses minérales ou brumeuses qui sont apparemment de puissants remparts opposés à la fragilité humaine. A cet égard, les personnages représentés par Friedrich sont rarement des modèles d’Hercule. A la nature brute, Friedrich confronte souvent des hommes âgés, malades ou fatigués. La piété est également présente dans ses œuvres. L’individu prend alors la forme de l’ermite. Il n’est cependant pas dans cet état malgré lui. Il paraît s’être isolé dans cette immensité comme pour mieux réfléchir à sa condition d’Homme, au calme et à l’abri de toute tentation, en s’inspirant de la force des éléments qui l’entourent.

Même si parfois ses arbres sont d’allure torturée, on ne se sent jamais mal à l’aise en regardant les tableaux de CD Friedrich. Bien au contraire, c’est bien plus un sentiment de sérénité qui monte progressivement, comme une forme d’apaisement.

Allez consulter vos encyclopédies et fouillez dans vos musées. Ce peintre vaut plus qu’un simple coup d’œil.

Par BB - Publié dans : Art - dessin, peinture, sculpture
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /Sep /2006 22:00

26 septembre 2006

Cf article N° 1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

- Avez-vous remarqué, me dit Jémabo, que les chiens de type Boxer n’ont plus désormais les oreilles taillées en pointe. C’est une bonne chose. Ces pauvres bêtes devaient souffrir auparavant, pour le seul plaisir de l’homme.

- Qui vous a dit que ces chiens étaient malheureux avant ? Dis-je d’un air narquois.

- Bien sûr, les chiens ne parlent pas ; mais il est quasi certain que la mutilation de leurs oreilles, comme de leur queue, devait les gêner.

- Vous procédez par pétition de principes dont le caractère établi me semble plus que douteux. Vous devriez faire attention Jémabo, vous êtes au bon d’une crise de faux bons sentiments.

- Encore des sarcasmes. Dit Jémabo. Vous n’avez pas pitié de ces chiens ?

- Oh, que si. Mais je n’oublie pas que ces chiens (comme la plupart des autres animaux de compagnie) n’existent que parce que l’homme les a créés. Toutes ces races sont le fruit de travaux de manipulations. Alors, la première des questions que je me pose, est de savoir si l’homme a le droit de créer toutes les races qu’il veut. Et il me semble que la réponse est actuellement positive et qu’il ne viendrait à personne l’idée d’interdire des croisements de chiens. Le résultat est visible : trouvez vous normal que les bassets Hound vivant dans les villes traînent lamentablement leur gros ventre…que les bergers Allemands souffrent en général de dysplasie…que les bouledogues aient les dents qui avancent en vieillissant…

- Certes, mais ces races auraient tout aussi bien pu surgir spontanément, dit Jémabo. Je vous parlais de mutilations.

- La problématique est la même, dis-je. Tout comme les généticiens manipulent les races, les vétérinaires coupent les oreilles et les queues. Tout cela est fait en principe dans les règles de l’art. Je doute que les animaux souffrent vraiment. De plus, ces « mutilations » ont une raison historique fonctionnelle. Ces chiens étaient dressés pour le combat ou la chasse. La taille des oreilles limitait la possibilité d’accroche pour l’ennemi.

- Quoi que vous disiez, la réglementation interdit désormais ces mutilations, dit Jémabo.

- Je ne suis pas sûr que l’avancée soit bien significative, Jémabo. D’abord, seule la taille des oreilles est prohibée. Pour la queue, ce n’est pas encore joué (allez comprendre !). Enfin, je suis dubitatif quand je vois que l’on met en avant la mutilation subie par l’animal, alors que la castration est jugée comme sans incidence…Il y a là deux poids deux mesures. Avez-vous des informations pour justifier cet état de fait ?

- Hélas non, dit Jémabo. Il faut donc militer pour interdire toute mutilation des animaux !

- Ne faites pas cela, dis-je. Vous allez commettre une bavure sans précédent. Imaginez tous ces chiens et chats qui traînent dans nos rues et squares (merci pour les crottes). Leur nombre exploserait si la castration n’était pas autorisée. Pour ma part, ces animaux ne sont que des objets à la disposition des hommes. Il serait hypocrite de vouloir dire le contraire. La mamie dont le chien ou le chat ne sort jamais, tout comme celui qui maintient un saint-Bernard dans son appartement (si, j’en connais un !), et tout comme l’enfant qui dort avec son chat ou chien, ont-ils le moindre souci de l’épanouissement personnel de leur animal ? Définitivement, je ne le crois pas. Alors, cessons de réglementer à tout va sur ces sujets. Il faut, et il suffit, que les maîtres aient une attitude responsable face aux animaux de compagnie. Tout passe par l’éducation et le sens des responsabilités de chacun. C’est grandement le rôle des parents et des enseignants. Cela laissera ainsi du temps au législateur pour se pencher sur les véritables sujets de société.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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