Le 24 avril 2007. Voir également l’article n°1 dans cette catégorie « art-littérature ».
Voici une sorte de docu-fiction d’anticipation qui, écrit en 1973, n’a pas pris une ride. Ce roman "Le camp des Saints" de Jean Raspail nous fait partager le moment où l’Occident et sa culture ont disparu sous la vague des populations issues des autres régions du monde. Cette vague est autant issue de la misère devenue insupportable dans les pays du Sud que des populations immigrées accueillies sur notre sol sans que leur intégration dans la société occidentale ait été décidée et mise en œuvre.
Cette disparition est présentée dans "Le camp des Saints" comme le résultat d’une démission des esprits, calculée et voulue par certains qui ont mené un travail de sape savamment calculé, subie par le plus grand nombre en raison du confort intellectuel procuré par un sentiment de bonne conscience sirupeuse et universelle.
Il est clair que la situation actuelle des pays du Sud serait propice à des flux migratoires massifs vers l’Eldorado que représentent les pays du nord de la méditerranée. Voir à cet égard l’article N°25 (Laurent Gaudé ; Eldorado) dans cette catégorie « art-littérature ». Le détroit de Gibraltar reste le dernier rempart physique à la marche de la misère vers les pays « où coule le miel ». De même, notre république ne pose plus pour ambition l’« occidentalisation » et la fusion en son sein des immigrés de cultures différents qu’elle accepte (certes de moins en moins nombreux) de recevoir. L’armée de la misère est donc plus que jamais présente à nos portes et à la lisière de nos villes.
En outre, nos leaders politiques sont majoritairement acquis à l’idée que la main ne peut être refusée à ceux qui meurent de faim, et les shows humanitaires télévisés montrent toute la puissance des médias dans la manipulation des sentiments des foules.
Que faisons-nous aujourd’hui pour éviter que le pire survienne demain ? Les pays industrialisés mettront-ils les pays du Sud en capacité de conserver leur population, en assurant leur propre subsistance alimentaire et économique, par la levée des entraves qu’ils leur opposent (notamment en subventionnant leurs agriculteurs et ruinant toute possibilité de développement de cultures vivrières locales) ? Les instances internationales instaureront-elles un jour les règles de la bonne gouvernance et le droit d’ingérence pour évincer les pilleurs et les dictateurs qui ont pris le pouvoir dans certains de ces pays pauvres ?
Mélanger tous les hommes, comme le décrit ce roman "Le camp des Saints", ne peut être une solution. Car les hommes de tous les continents sont de cultures et d’histoires différentes et n’aspirent pas à parler l’Espéranto…Il faut donner le moyen à chaque famille sur tous les continents, de vivre dignement selon ses lois et coutumes, selon sa langue, sa religion et ses traditions. Cette richesse qu’est cette variété des hommes, issue de l’histoire, doit être préservée.
C'est donc un défi qui nous est donné, et qu’il faut relever ensemble et sans délai, en évitant de tomber dans les travers du mythe du bon sauvage (bon immigré, méchant blanc) et de l’humanitaire comme unique solution. Seul le développement des pays du tiers monde (car l’expression reste pleinement juste) sauvera le monde d’une catastrophe humaine.
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