Le 28 avril 2007
Cf également article n°1 dans cette catégorie "art-dessin, peinture, sculpture".
La photographie paraît avoir placé les peintres au chômage. Plutôt, elle leur aurait ôté leur légitimité première qui était de représenter l’existant, portraits ou paysages. En effet, le petit clic sur la boite noire permet aujourd’hui de conserver et de diffuser les images pour un coût modique au regard de celui d’une toile peinte.
C’est alors que l’art abstrait est né. Les peintres, estimant probablement ne plus avoir de débouché dans la représentation du monde concret, se sont tournés vers l’abstraction, sorte de représentation de leur état psychique ou de celui de la société. L’intellectualisation de l’art a aidé à cette évolution ; le culte de l’individu, de sa psychologie et de sa place (première par essence) dans le monde y participant pour beaucoup. Les salons parisiens, relayés par la jet-set internationale et les marchands d’œuvre d’art (il faut bien vivre), se sont donc remplis de ces œuvres d’un nouveau genre.
L’esthétique de la peinture, qui ravissait les foules, a alors laissé la place à l’analyse et à l’engagement politique et social. Le peintre moderne est donc nécessairement un personnage torturé, souvent contestataire et tout à la fois humaniste et individualiste ; mai 68 étant également passé par là. Comprendra qui pourra, l’essentiel étant de se mettre en avant et de laisser l’intelligentsia phraser sur le sens du trait porté sur la toile.
Toutefois, en prenant de la distance avec le réel, la peinture s’est éloignée de ce qui faisait sa grandeur, c'est-à-dire son caractère populaire. La peinture est en effet devenue une affaire d’initiés. Désormais, la peinture est réservée à celui qui connaît le parcours du peintre tant à titre personnel qu’au plan de ses idées sur le monde. Qui est en mesure aujourd’hui de comprendre ce qui se cache (car tel est bien le mot) derrière une toile de Soulages ?
Pendant ce temps, l’esthète est privé de nourriture renouvelée. Il est « obligé » de se rabattre sur les peintres du passé qui, loin d’être dépassés, continuent de ravir son regard. C’est certainement ce qui explique les défilés quasi religieux devant
Cependant, n’y-a-t-il pas un renouveau de la peinture esthétique (par opposition à la peinture engagée) qui pourrait surgir ? La peinture populaire est-elle définitivement à ranger aux oubliettes ? Le XXème siècle fut encore celui de Picasso (à privilégier dans sa première partie de carrière, notamment la période bleue). Que retiendrons-nous du XXIème siècle ?
Tout n’a pas encore été fait en la matière et l’évolution des techniques et des matériaux ouvre certainement des margent de manœuvre à la créativité de jeunes artistes contemporains.
Alors, amis peintres du dimanche, professeurs d’arts plastiques et simples amateurs de belles choses, militez pour ce renouveau en donnant leur chance à ceux qui remettront à l’honneur une peinture plus esthétique qu’intellectuelle, plus accessible pour le plus grand nombre. Ce qui ne veut pas dire une peinture plus facile, car de ces peintres il est attendu une capacité à émouvoir au moins égale à celle qu’ont eue leurs prédécesseurs.
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Il y a régulièrement des expositions dans les centres culturels ou en mairies. Mais la vente est plutôt nulle . Il est vrai que le coùt est élevé suite au prix des fournitures. Sans être experte je trouve qu'il y a de belles toiles qui seront peut-^etre reconnues à titre posthume