Samedi 19 mai 2007

Le 19 mai 2007

Lire également article n°1 dans cette catégorie « chronique du temps-Jémabo ».

- La violence est source de trouble dans notre société, dit Jémabo. Comment y mettre fin ?

- Tous les spécialistes s’accordent sur l’idée que l’homme recèle dans sa nature une certaine dose d’agressivité et de violence, fais-je remarquer. Ainsi le philosophe Hobbes, au 17ème siècle, estime-t-il que le contrat social est seul de nature à sauver l’homme en lui imposant de réprimer son agressivité. De même, le psychanalyste Freud considère que la société doit dompter l’agressivité instinctive de l’homme. Plus récemment et suivant ces théories, la sociologie, a mis en évidence le long processus de civilisation des mœurs en observant les pratiques sportives. Enfin, l’anthropologie considère que l’origine de la culture de toute société trouve son origine dans le déplacement de la violence sur une seule victime expiatoire.

- Tout de même, dit Jémabo. Il est des endroits, tels les hôpitaux, où la violence est vraiment insupportable.

- Dans le domaine hospitalier, dis-je, cette agressivité s’observe d’abord chez le malade et dans les relations qu’il entretient avec l’institution. Certains psychocliniciens y voient d’abord un signe de vitalité du malade qu’il n’est pas possible ni souhaitable d’annihiler, puisque cette violence est en partie l’expression de la force vive du patient. A l’image de la préconisation de Freud, il propose plutôt de la maitriser par une prise de conscience, par le personnel hospitalier, de cette situation particulièrement déstabilisatrice que constitue l’hospitalisation. Mieux formé à son existence, le personnel hospitalier devrait être mieux en capacité d’y faire face et d’obtenir un apaisement des relations avec les malades.

- Toutefois, fait observer Jémabo, l’hôpital est devenu un lieu de vie banalisé et la violence urbaine y a fait son entrée. La situation est sur ce point devenue alarmante.

- En effet, dis-je, le profil des malades et leur conception des soins ont beaucoup évolué, dés lors que le soin est désormais moins perçu comme un don que comme un droit absolu. L’hôpital reçoit des visiteurs qui n’ont plus de respect particulier pour l’institution hospitalière et son personnel. Face aux nouvelles violences issues de cette évolution des comportements, des dispositifs de sécurisation ont été mis en place dans les établissements hospitaliers.

- En quoi cela consiste-t-il ? dit Jémabo.

- Ces dispositifs se présentent sous forme de plans, qui comportent plusieurs volets : des actions préventives, la mise en place d’équipes spécialisées et une large implication des personnels. C’est, en soi, une méthode destinée à civiliser les mœurs selon l’analyse faite par les sociologues.

- Il faudra tirer le bilan de ces actions, dit Jémabo. Si cela fonctionne, ces dispositifs pourraient être reproduits, sous des formes adaptées, dans d’autres institutions telles que les écoles ou les lieux de rencontres sportives où les jeunes sont confrontés à la violence.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Commentaires

Une fois encore, le thème de cette chronique aborde le problème de base de la construction d’une communauté dans laquelle chacun a des droits et des devoirs. Une fois encore apparaît le spectre de l’individu, l’élément central du groupe, et de forme paradoxale l’élément électron libre, capable des meilleures comme des pires actions. Les droits et les devoirs renvoient à ce qu’il convient de faire, de dire, d’une forme qui ne blesse pas les autres. C’est la relation individu/autres ou individu/groupe. Cette relation peut être domestiquée, encadrée, lors de l’apprentissage de la vie sociale. Mais l’Homme sous son aspect intrinsèque est un animal qui défend son territoire, les siens, son sens des choses. L’utilisation du mot « défend » sous-entend de forme explicite une violence latente de l’Homme, qui est à la base de la survie originelle de l’espèce. La violence est donc un paramètre incontournable de l’identité animalesque de l’Homme, une donnée de départ qui trouve son sens dans une volonté naturelle de survie dans le Milieu. Cette violence s’exprime de différentes manières, mais toujours dans le même sens, celui de l’autorité quand cela n’est pas tout bonnement de l’autoritarisme. Chacun d’entre nous peut se retrouver dans ces propos. L’expression de la violence peut être physique donnant lieu à des débordements où, les échanges de coups, voire plus, traduisent une impuissance ponctuelle à résoudre un problème par une expression autre que cette violence. Mais il existe d’autres cas, comme  les querelles qui existent au sein des groupes qu’ils soient familiaux ou d’amis, qui sont des exemples de réelles violences qui ne marquent pas la chaire en sa superficie, mais qui laissent des traces parfois indélébiles. Les relations de tensions existantes entre parents et enfants ou, entre enfants d’une même fratrie, sont aussi des exemples de violences au plus jeune âge pouvant mener à des perturbations à vie. Pourtant qui s’en importe ? Qui lève le doit pour dire « je me comporte avec violence envers les miens, envers mes proches, mes amis.. » Personne. La raison est l’origine animale de l’Homme, et sa recherche de domination naturelle. Nous nous retrouvons alors face à la notion de droit que s’octroie l’auteur d’acte violent, passant sous silence les devoirs qu’il a envers les autres, entre autres, le devoir de celui qui est éclairé, de tout faire pour améliorer les relations interpersonnelles dans une optique d’une communauté plus sereine.

 



C’est ainsi que je croise sur mon chemin des Prières contre les violences, actes naturels de l’Homme, venant d’horizon chargé de nuages noirs de tempêtes, de tonnerres et  d’éclairs. Etant par nature plutôt du genre positif, j’ose parier sur la capacité, de ceux qui se disent Homme d’un ensemble d’Hommes, à voir la contradiction entre leurs propos, si ce ne sont des idées philosophiques, et leur comportement, puis corriger ce qui convient de l’être !!

 



Commentaire n°1 posté par Richard Bordone le 23/05/2007 à 18h56

La violence est effectivement considérée par tous comme une part de l’homme, ainsi que cela est certainement le cas de tout être vivant qui doit, pour survivre, défendre son pré carré. Cela dit, il est du rôle de la société, qui veut également assurer sa pérennité, de chercher à canaliser cette violence. Comme le dit la maxime, la critique est aisée et l’art est difficile. Cela n’empêche pas de continuer de réfléchir aux moyens les plus appropriés pour tempérer le comportement des hommes, et de chercher à les mettre en œuvre.

 

Réponse de BB le 23/05/2007 à 22h07
La violence à \'hôpital fait partie des nouveaux faits sociaux, montrant une modification du statut de cette institution dans la socièté.
Cette violence s'exprime du patient envers la structure hospitalière à travers la personnel.Elle peut-être due à des exigences culturelles incompatibles avec le principe de laïcité de l'hôpital; à l'intolérance à la frustration; au principe d'obligation de réussite. Elle est aussi liée à l'état psychopathologique de la personne.La violence est accrue en milieu psychiatrique.Elle peut-être une réaction à la violence institutionnelle comme la promiscuité, les réponses insuffisantes aux interrogations, les réveils systématiques à 6h30.
La violence apparait aussi du personnel envers les usagers.Les causes peuvent être liées à l'organisation du travail par tâches, qui ne reconnait pas le patient dans son intégralité et son unicité. L'épuisement émotionnel, le dépersonnalisation sont les signes d'un burn-out, facteur de prises en charges inadaptées, de relations brutales.
Les mesures préventives devront donc cibler les différent cas de figures.
Commentaire n°2 posté par blandine le 21/05/2007 à 08h34

Les problèmes sont effectivement nombreux et les réponses sont rendues plus complexes qu’ailleurs en raison notamment de principes que l’hôpital entend suivre : peu ou pas de présence policière, caractère ouvert de la structure, et de l’état de santé des malades qui rejaillit sur leur état psychologique et celui de leurs proches.

 

 

Réponse de BB le 22/05/2007 à 22h42
La prévention de la violence à l'hôpital fait partie des enjeux institutionnels pour assurer la sécurité des usagers et du personnel.
Pour prévenir le risque de violence des patients, les actions sont à mener à différents niveaux.
La communication, l'information de leurs droits et de leurs devoirs et le dialogue apportent la réassurance inhibitrice de comportement de stress  violent. La campagne de communication au public par des affiches en 2006 a permis de montrer la réalité du travail à l'hôpital pour permettre une meilleure compréhension des délais d'attente et de développer la tolérence des usagers. Les capacités du personnel à eviter et à affronter les situations de violence sont à approfondir par la formation continue. Dans cet objectif, un module spécifique sera intégré à la formation de base du personnel infirmier en 2008.Des mesures de mise en sécurité des locaux par la gestion du flux des individus, un système de video surveillance, une équipe de personnel de surveillance des personnes,des aménagements de la structure comme l'éclairage sont à développer.
La violence exercée de façon plus ou moins consciente du personnel envers l'usager pose la question de la qualité des soins et de l'égalité de traitement. Une analyse du fonctionnement de l'équipe et de ses besoins est nécessaire pour modifier l'organisation du travail. Des groupes de reflexion sur des cas concrets de prise en charge de patients permettent de retrouver le sens du soin, de développr la solidarité, de libérer la parole. Le cadre de santé doit être à l\\\'écoute des difficultés. Il dynamise le personnel par la valorisation, la reconnaissance du travail. Il est l\\\'intermédiaire avec la direction des ressources humaines pour négocier les effectifs de l\\\'équipe en fonction de la charge de travail.
L'aspect préventif de la gestion de la violence ne doit pas occulter la prise en charge des victimes.
Commentaire n°3 posté par blandine le 21/05/2007 à 10h28

La violence à l’hôpital n’est-elle pas également le signe que l’image de marque du corps soignant est écornée dans la société, notamment à la suite de certains scandales (ex : sang contaminé) ? La qualité des soins étant considérée comme en baisse par la population, cette dernière aurait-elle moins d’égard pour le personnel de santé ?

 

Réponse de BB le 21/05/2007 à 22h44
Selon un sondage CSA en janvier 2006, plus de deux français sur trois se disent satisfaits de leur système de santé. Depuis 1995, les hommes ont gagné en espérance de vie 2,9 ans et les femmes 1,9 ans. Les temps d'hospitalisation en chirurgie sont de plus en plus courts grace à l'apport des nouvelles techniques opératoires.
Selon ces critères, il est impossible de confirmer une baisse de la qualité des soins. Ce préjugé résulte plutôt d'une mauvaise information des personnes au cours de leur parcours de santé et d'une modification de l'organisation des structures sanitaires déstabilisante pour la population.
Autrefois le médecin de famille, trés disponible, était l'interlocuteur privilégié de l'usager. Le temps d'hospitalisation permettait une cicatrisation complète.
Aujourd'hui, les intervenants se sont multipliés.La médecine libérale a mis en place un système de garde.Les soins post-opératoires et de réeducation doivent être poursuivis à domicile. L'usager peut avoir une perte de repères qui lui donne la sensation d'être moins bien soigné. C'est pourquoi, il est d'autant plus utile d'effectuer un recueil de données sur les habitudes de vie, l'environnement humain et matériel des personnes. Ceci permet de répondre au plus prés des besoins et de mobiliser les ressources propres à chaque individu. Ce dernier devient acteur de sa santé pour une meilleurs adaptation; au lieu de faire l'objet d'une prise en charge standardisée,inadaptée, source d'anxiété et facteur d'une réhospitalisation secondaire. De même la coordination et le partage des informations, entre les divers soignants, dans le respect du secret profesionnel, apporte une garantie du suivi rassurant pour l'usager.L'enjeu est donc de travailler en collaboration avec les usagers, de développer une démocratie sanitaire; comme définie dans la loi du 4 mars 2002 sur le droit des malades et le système de santé.
Commentaire n°4 posté par blandine le 23/05/2007 à 15h39

J’ai le sentiment que tu oublies que le médecin de famille n’était pas fréquenté par tous et que beaucoup vivaient sans le voir plus d’une fois par an. De même, les auxiliaires du médecin (kiné, infirmières…) étaient une population rare. Etait-ce la belle époque ?

Ce qui perturbe le malade, aujourd’hui, c’est son incapacité à maitriser un système qu’on lui dit très coûteux et dont il ne perçoit pas vraiment les avantages immédiats qu’il en retire. C’est finalement la rançon d’une société où le matraquage médiatique sur le déficit des comptes sociaux est dominant et la recherche de la satisfaction sans délai des plaisirs est devenue une règle.

Cela étant, il est vrai que le système actuel, de plus en plus normalisé tend à se déshumaniser et que l’individu pourrait simplement être considéré comme un corps malade à « réparer ». Il est donc bon que l’institution hospitalière fasse un examen critique de ses procédures pour mieux tenir compte du facteur humain.

Réponse de BB le 23/05/2007 à 21h51

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