Chronique du temps- Jemabo

Jeudi 3 août 2006 4 03 /08 /2006 21:24

2 août 06

 AVIS : Témoin de notre temps, Jemabo passera désormais sa vie à constater l'état de notre situation, à s'étonner et, comme tout un chacun, il se permettra de donner son opinion. Il ne fréquente cependant pas le café du Commerce et s'efforcera d'élever le débat...Si si, il prétend avoir une certaine culture sur les sujets de Société

Pourquoi pas d'ailleurs, Jemabo s'autorisera à formuler des propositions et à prendre des initiatives, puisque, à notre image, Jemabo est plein de grandes qualités (qui sont toujours utiles à des amis) qui sont, rassurez vous, trés largement compensées par ses tout aussi nombreux et incorrigiblesdéfauts (il n'y a aucune raison qu'il soit parfait dés lors que je ne le suispas, pas plus que vous).

Allons, ne cherchez pas trop loin, Jemabo est un peu moi, un peu vous, enfin, c'est un Homme, et c'est tout ce qui fait son charme.

Je l'aimerai beaucoup, comme vous je l'espère ; il me désespérera également assez souvent, car comment supporter durablement celui qui vous, ici c'est vous et moi, ressemble.

Au plaisir de vous avoir comme partenaires, pour suivre les aventures de notre Zadig des temps modernes.  Vos commentaires seront source de nouvelles réflexions pour notre plus grand bonheur.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 06:27

Cf. article N° 1dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo"

04 août 06 

Courte interview, pour faire plus ample connaissance avec Jemabo :

BB : "Cela fait 48 heures que vous êtes parmi nous. Quelles sont vos premières impressions ?

Jemabo : " bien que nous soyons au début mois d'août, les événements ne manquent pas. Les informations les plus graves fourmillent, notamment sur ces foules en détresse sur les routes libanaises et je m'étonne de l'insouciance apparente de tous ces gens qui sont actuellement en plein exode sur les routes autour de nous. ils voyagent habillés légèrement et paraissent heureux.

BB : Je peux vous rassurer, ce n'est pas ici le Liban. Il s'agit des congés d'été et des traditionnelles migrations de touristes sur les routes de france.

Jemabo : Puisque nos amis-lecteurs sont partis en vacances pour la plupart, je n'ai aucune envie de gâcher la journée de ceux qui sont restés chez eux. Alors je me limiterai à vous dire à trés bientôt."

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 06:32

Cf. article N° 1dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo"

06 août 06

Jemabo est allé faire une petite promenade sur un bateau qui réalise de courtes croisières sur de vieux canaux. Il a rencontré des gens trés gentils, agés pour la plupart. Pendant son voyage, il n'a pu que s'étonner d'entendre une dame parler de Tomy.

Sans vouloir être indiscret, car ladite dame parlait assez fort pour qu'il ne puisse pas ne pas entendre, il a vite compris que Tomy comptait beaucoup pour la dame et qu'il souffrait du fait de son âge. " Tomy est cardiaque" disait-elle, "il prend régulièrement des comprimés". Emu à l'écoute de ces mots, Jemabo était rempli de compassion pour cette dame et Tomy. Elle prenait apparemment bien soin de lui et il avait bien de la chance d'avoir son aide.

C'est vrai que Jemabo a entendu à la radio les nombreux reportages relatifs aux personnes agées et aux difficultés qu'elles rencontrent actuellement avec les grosses chaleurs de l'été.

Ce qui fit se retourner Jemabo, c'est le moment où la dame ajouta qu'elle avait décidé de le faire tondre pour qu'il ait moins chaud. Tondre Tomy...jusqu'où pouvait-on aller ?

Il vit alors que Tomy était un cocker au poil grisonnant, à l'allure avachie et au regard tombant. Il pensa alors à nouveau aux messages d'appel à la solidarité envers les personnes agées qui n'ont personne pour s'occuper d'elles cet été... et certainement tous les autres jours , jusqu'au dernier. 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 06:34

 Cf. article N° 1dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo"

09 août 06

  Jémabo est assis devant le téléviseur et suit avec attention le journal de 20h00. Il se plante tous les soirs ainsi puisqu'il sait qu'un honnête homme doit se tenir informé de ce qui se passe autour de lui. Quand rien ne l'en empêche, il fait de même aprés le repas méridien. Vu son intéret pour l'actualité, je sais aussi qu'il a allumé le poste de radio en se levant et qu'il prend son petit déjeuner en étant déjà bien au fait des événements du jour.

Ce soir pourtant, Jémabo me parait moins attentif à ce qui se dit. Le reportage sur les opérations israéliennes au Liban ne le passionne pas. Il me semble distrait et feuillette un magazine tout en conservant plus ou moins un oeil sur le téléviseur.

Soucieux de son bien être, je lui demande l'origine de son tracas apparent. Y aurait-il une nouvelle qui l'aurait chagriné ? Regretterait-il sa situation antérieure ?

"Je n'ai aucun regret" me dit-il . "Je suis trés heureux d'être ici parmi vous".

Je me permets alors d'insister. "Mais vous me semblez moins attentif aux informations qui sont diffusées." "Vous touchez là un point sensible" me dit-il. "Voilà quelques jours que je me tiens informé et je n'ai pas le sentiment d'évoluer vers le degré d'érudition auquel tout citoyen peut aspirer."

"Comment ça " dis-je, " vous écoutez la radio, vous regardez les actualités à la télévision, vous dévorez le journal quotidien et feuilletez l'hebdomadaire auquel je suis abonné. Vous savez donc a priori tout sur tout ce qui se passe."

 Jémabo est visiblement géné. Il veut être poli, mais ne parviens pas à cacher sa désapprobation. Souhaitant éclaircir la situation et lever tout malentendu, je l'invite à expliciter sa vision des choses.

"il est vrai, dit Jémabo, que je suis trés largement pourvu en sources d'information. Ce n'est pas ce qui manque. Mais j'entends de toutes ces sources couler les mêmes faits, les mêmes idées. Que ce soit avec les radios et télévisions du réseau public ou du secteur privé, le contenu éditorial est à peu prés le même partout. Il me manque la variété et je commence à être assommé d'entendre chaque jour, quasiment du matin au soir, les mêmes nouvelles. Finalement, informé de tout, je n'en sais pas beaucoup plus qu'avant".

"C'est vrai" dis-je, " Vous venez de toucher au point sensible qui fait que vous serez ou non un citoyen libre. Il ne suffit pas d'accumuler les informations pour se sentir en situation de participer au débat que tout citoyen doit être en état de mener pour faire progresser la cause sociale commune. Ce n'est pas en vous branchant continuellement sur le gros tuyau de l'information généraliste et grand public que vous avancerez dans votre quête."

"Il faut faire l'effort d'analyser ces informations. Prendre du recul, par exemple en éteignant un peu son téléviseur et sa radio, pour réfléchir au sens et au choix des faits relatés, aux motifs qui ont conduit à leur diffusion, à leur portée, aux idées que cela sous-tend . S'informer est un préalable, cela permet d'avoir de la matière à penser. Rien de plus."

"Par ailleurs, il faut éviter de se limiter aux médias dominants. Allez chercher des informations et des idées contraires dans d'autres journaux, par le canal d'autres médias. S'informer n'est pas consommer tranquillement, assis dans son fauteuil. Avant d'adhérer ou de proposer des évolutions, il faut avoir fait le tour des différentes positions, en avoir pesé les arguments. Cela demande des efforts."

Manifestement perturbé par mes remarques, Jémabo éteint le téléviseur, et se dirige vers le jardin. "Je vais réfléchir à tout cela" me dit-il. 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 06:37

Cf. article N° 1dans cette catégorie.

11 août 06

Un sondage du jour montre que l'opinion publique israélienne, inquiète pour son avenir, supporterait de moins en moins la situation de guerre engagée par ses dirigeants au Liban.

Jémabo s'interroge sur le sens de cette nouvelle colportée par les médias français.

"Qu'une population s'inquiète du mal occasionné à une autre population du fait d'actes de guerre, je le comprends sans difficulté " dit-il. "Mais ce n'est pas le cas ici. Les israéliens afficheraient seulement leur doute quant à l'efficacité de cette guerre. Pour être complets, les journalistes ne devraient-ils pas présenter cette donnée en l'assortissant de commentaires pondérateurs. Il y a de gros risques pour que l'on vienne à considérer la population israélienne comme égoïste et insensible au malheur des autres."

 "En outre, que des dirigeants aient à tenir compte de cette inquiètude pour la conduite des opérations militaires, je l'admets également. Mais que peuvent faire des leaders politiques face à leur opinion publique, sauf expliquer encore et encore en quoi la guerre initiée est juste et menée dans des conditions les plus adaptées et avec des moyens proportionnés aux enjeux ? Il n'y a pas d'alternative, sauf à admettre que l'on s'est trompé (une solution non guerrière existait alors) ou que l'on a trompé le peuple (les visées n'étaient pas celles qui ont été affichées)."

"A quoi sert un sondage de cette nature" dis-je. " Pourquoi rendre public une telle nouvelle ? Pourquoi en faire une information phare d'un journal radiophonique ? Je connais peu de mère, de père ou de frère et soeur heureux de voir partir leurs enfants et parents combattre pour une cause si juste soit elle. La simple diffusion de cette nouvelle ne peut donc avoir pour conséquence que de semer le trouble dans les esprits de l'opinion publique occidentale ( cette guerre est-elle vraiment opportune puisque même le peuple israélien en doute) dont les dirigeants sont susceptibles d'influer sur la démarche israélienne. Vous avez bien raison Jémabo d'estimer que les médias devraient être plus prudents dans leur manière de présenter les informations"

"Il nous faut toujours rester vigilants. Les informations, même brutes, ne sont jamais des données innocentes. elles sont malléables, fragmentables et la façon de les mettre en avant ou de les insérer dans un journal peut conduire à orienter l'opinion. Les sondages sont en ce domaine souvent un prétexte à faire parler les foules en leurs prétant des propos ou des attitudes dont la véracité est finalement assez douteuse."

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Mercredi 16 août 2006 3 16 /08 /2006 22:18

Cf. article N° 1 dans cette catégorie "Chronique du temps-Jémabo".

16 août 2006

 Nous profitons du répit qui nous est offert par ce mois d’août un peu pluvieux pour faire un peu de rangement. Nous nous sommes installés dans la remise où se trouvent stockés des cartons remplis de livres et magazines qui mériteraient bien de trouver une nouvelle vie, soit en connaissant de nouveaux lecteurs soit en servant à faire de la pâte à papier…

 Jémabo prend à cœur de m’aider dans cette entreprise. Il s’affaire à sa tâche avec beaucoup de détermination. Il examine tout avec attention et curiosité. Il a un mot de commentaire à l’occasion de chacune de ses découvertes, c'est-à-dire toutes les minutes. Tout lui parait sujet à étonnement et interrogation.

  «  La France n’a pas de pétrole mais elle a des idées » dit-il, « c’est un joli slogan ». Je lève la tête, étonné. Voilà un slogan qui a fait beaucoup parler et qui date effectivement. Jémabo me montre un vieux journal de la fin des années 70 qui titre sur les énergies à la suite de la première grande crise pétrolière.

 « Toutefois, les temps n’ont apparemment pas beaucoup changé » ajoute-t-il. « Cela fait prés de trente ans que le pétrole est devenu une préoccupation majeure pour les français et je n’ai pas le sentiment que les idées qui étaient annoncées se soient bien manifestées et aient été mises en œuvre. Hormis le recours massif à l’énergie nucléaire, ce qui n’était pas spécialement une très grande nouveauté, les efforts pour développer la disposition d’énergies renouvelables ont apparemment peu été couronnés de succès. »

 « La véritable question n’est pas d’avoir des idées » dis-je, « tout est une question de coût. Tant que les populations ne mesureront pas concrètement l’impact du manque d’énergies, aucune idée aussi géniale soit-elle ne prospèrera réellement. Les idées nécessitent le lancement de programmes de recherche lourds que personne n’est en mesure de financer actuellement, soit parce que ce n’est pas rentable à moyen terme pour le secteur privé, soit parce que les décideurs publics leur trouve un horizon dépassant bien trop celui de leur réélection. »

 « Je comprends bien cela. Mais je vous trouve un peu désabusé » dit Jémabo. « J’ai vu un article dans la presse ces derniers jours se faisant l’écho des mérites de l’énergie éolienne. Il me semble que la réflexion avance dans ce domaine. »

 J’ai arrêté de trier le contenu de mon carton et me suis assis sur un vieux tabouret. Ma mine décontenancée laisse transparaître mes doutes quant à l’interprétation donnée par Jémabo. « Je suis loin de partager votre optimisme Jémabo. Les motifs de cet engouement pour l’éolien me semblent devoir être à rechercher ailleurs. Est-ce du fait que le sujet est à la mode ? Assez léger pour intéresser le vacancier aoûtien ? Test adressé à l’opinion ? ou véritable manifestation d’intérêt pour ce qui pourrait devenir un phénomène de société. C’est à mon avis un peu de tout cela. Pour que ce sujet aboutisse à autre chose que du vent (jeu de mots assez facile je le concède) il faudrait qu’une véritable initiative nationale soit prise pour qu’un débat public s’instaure. Chacun est plus ou moins d’accord pour que l’on adopte des mécanismes permettant de puiser l’énergie inépuisable du vent. Mais qui va devoir payer pour installer ces éoliennes ? Qui va accepter de les laisser se planter dans son paysage ? »

 Jémabo a posé la coupure de presse et regarde la photo qui illustre l’article. « C’est beau une éolienne dit-il. Toutefois, je concède qu’un champ d’éoliennes hautes de plusieurs dizaines de mètres et visibles jusqu’à dix ou trente kilomètres n’est pas un atout pour le cadre visuel des habitants voisins… »

 « Vous voyez, Jémabo, vous seriez parmi les hésitants si vous étiez consulté en vue de l’installation d’éoliennes sur les collines qui dominent notre joli village. »

 « Il faut donc partir à la recherche d’idées moins polluantes visuellement, me dit Jémabo. Il y en a ; mais il faudra d’abord accepter de vivre autrement. La biomasse, la géothermie, le solaire…Il faut investir sur tous les secteurs et ne pas seulement chercher à remplacer le pétrole par l’éolien. » 

 « Vous êtes très raisonnables Jémabo. Seule la diversité des sources d’approvisionnement est de nature à garantir leur complémentarité et donc leur réussite. A moins, dis-je, que les campagnes en faveur de l’éolien n’aient pour véritable finalité que de faire prendre conscience aux citoyens qu’ils n’ont finalement pas d’autre alternative que le nucléaire…Ce serait alors un autre débat. » 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /2006 15:37

Cf. article N° 1dans cette catégorie.

20 août 2006

Les hommes aiment manifester. « Contre » beaucoup de choses et assez souvent. Il en est cependant qui manifestent « pour » quelque chose. Ainsi ceux qui, silencieusement et sans appui massif des médias font une démonstration de leur volonté d’un monde meilleur. Ils sont moins nombreux que les autres dans les journaux télévisés ; mais ils sont déterminés. Il y a quelques semaines (fin juillet 2006) des croyants de tous pays ont fêté le 60ème anniversaire de la marche pour la Paix (le mot mérite ici une majuscule) qui était partie de Vézelay comme une ultime croisade après la seconde guerre mondiale.

 Hier, une autre marche est partie de Marseille. Son but, plus national et d’apparence plus modeste, est de défendre les principes de la citoyenneté.

 Jémabo s’étonne de ces manifestations. « Quelle est la portée de ces démarches ? Cela est-il de nature à rendre réellement le monde meilleur ? Quand je vois la liste de toutes ces guerres, de tous ces conflits civils ou militaires qui ont émaillé notre planète depuis la marche de la Paix de 1946, au sortir d’une épreuve terrible, je me dis que l’homme est incorrigible et que tout espoir est vain. »

 « Il est vrai » dis-je «  que si les progrès à espérer de la notion de citoyenneté sont aussi faibles que ceux que la paix a pu faire sur terre depuis 60 ans, nous avons à nous inquiéter pour les générations futures. Toutefois, il n’est pas nécessaire de réussir toujours, ou de n’intervenir que dans la certitude du succès, pour s’engager. C’est tout d’abord dans l’adversité que l’homme prend toute sa dimension d’être différent des animaux. L’homme croit en un avenir plus favorable et tend toute son action vers ce mieux qu’il désire pour ses enfants. Rien toutefois ne se fait sans à-coups. Il faut du temps pour faire évoluer les mentalités. Il faut expliquer et semer les idées pour convaincre, et souvent réexpliquer et re-semer, si on ne veut pas tomber à son tour dans les travers de ceux qui pratique les coups de force.

 Tout résultat de l’action engagée doit être mesuré sur le très long terme. Et les petits pas accomplis mènent tout aussi sûrement vers un avenir meilleur, que les petits ruisseaux font un jour les grandes rivières.

D’ailleurs, nous pouvons constater que, même si notamment la guerre fourmille encore sur le continent africain, elle épargne nos pays européens depuis 61 ans. Considérez que les pays d’Europe se faisaient régulièrement la guerre jusqu’à la fin du 19ème siècle et qu’ils sont à l’origine des deux conflits mondiaux du 20ème siècle. L’entêtement de ceux qui ont cru en une réconciliation possible entre la France et l’Allemagne a été payant. Ensuite, vint la période de construction de l’Europe des nations, aujourd’hui forte de 25 adhérents. Ne croyez vous pas Jémabo que les récentes adhésions de pays de l’ex Yougoslavie et de l’ex bloc de l’Est, et les espoirs d’adhésion pour la Serbie (vous verrez, ce n’est pas une utopie, cela se fera), sont un gage de stabilité sociale et de paix dans toute cette zone, au profit des hommes et des femmes de tout le continent européen ? »

« Je manque probablement de recul » me dit Jémabo. « Il est vrai que la paix semble plutôt acquise sur le continent européen. Il faut donc que nous menions maintenant le même combat pour le reste du monde. »

 « Vous voilà maintenant tout feu tout flamme Jémabo. Je dirais qu’il convient de continuer d’avancer sur les pas de ceux qui ont ouvert les chemins de la paix et du développement. Marchons à notre tour vers cet espoir Posons, chacun à notre niveau, notre petite pierre sur ce chemin, et ce sera déjà beaucoup. »  

 

 

 

 

 

 

 

 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /2006 22:02

Cf. article N° 1 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo"

24 août 2006.

 « Y a t il encore vraiment beaucoup de gens qui mangent du cheval ? » me demande Jémabo. « Les devantures des boucheries chevalines sont le plus souvent dans un mauvais état et leur clientèle me parait assez rare. Cela doit être du au fait que la France est un pays civilisé et donc que les consommateurs tiennent compte de ce que le cheval est, comme le chien, un ami de l’homme. Et il ne viendrait pas à l’esprit d’un homme de dévorer son ami. »

 « Cette vision des choses me paraît partiale et orientée » dis-je. « Il y a certes une baisse du nombre et de la fréquentation des boucheries chevalines. Toutefois, ce n’est pas l’affection pour cet équidé qui a conduit les consommateurs à moins fréquenter ces boucheries. A mon avis, l’explication est purement économique. Le cheval a pâti de la réussite du produit que constitue le bœuf. Produit de longue date, en grande masse, et ayant bénéficié des techniques d’élevage et de reproduction les plus modernes, le bœuf est devenu une source de viande bon marché et pouvant faire l’objet d’une promotion de masse bien avant que le cheval perde son utilité sociale à la suite de l’invention de la voiture automobile. Face à cela, la viande de cheval est devenue un produit onéreux et complexe à produire. Je crois qu’il en est du cheval comme de l’orge vis-à-vis du blé : ce dernier à pris une place prépondérante dans les prés quand d’une part la technologie a permis d’amender les sols pour un coût raisonnables, d’autre part les boulangers se sont spécialisés dans le « bon pain blanc ». Il en est de même avec la pintade et la poule ; n’allez pas me dire que les poules ont moins de popularité que les pintades et que les français limitent leur consommation de pintade par affection pour cet animal. »

 « Cependant » dit Jémabo après avoir esquissé un sourire, il est difficilement niable que le cheval est regardé par les enfants et de nombreux adultes comme un compagnon de jeu, ce qui n’est pas le cas de la vache. S’il y a des centres équestres pour monter et diriger les chevaux, les vaches sont cantonnées aux arènes et ont une destinée bien différente. »

 « Il est vrai que le cheval a une certaine cote de popularité. Cela peut effectivement influer sur la consommation de certaines personnes. Mais cela me semble assez marginal. De plus, je crois que ces gens font un mauvais calcul et se laissent dépasser par leur sensibilité. A mes yeux, et j’aime au double sens du terme le cheval (dans mon assiette et dans un manége équestre), les amoureux du cheval devraient plutôt militer pour la relance de la consommation de sa viande. Ce n’est qu’ainsi que l’on verra de nouveau des hordes de chevaux brouter dans nos prés et que le nombre de vaches diminuera. Même si le cheval destiné à la viande, qui sera choisi dans une des races de chevaux de trait, est plus lourd que le cheval de selle, vous verrez ces animaux en bande s’ébrouer et courir dans les prés, ce que les vaches ne font que très rarement. Le cheval fait le spectacle, la vache a pour réputation de regarder passer les trains, ce qui, convenez en, est bien moins séduisant »

 « Mais alors, dit Jémabo, les bouchers chevalins devraient développer ces idées auprès du public. Une idée bien argumentée ne peut que recevoir un accueil favorable. »

 « Certes, dis-je, il faudrait que les moyens soient donnés à ces bouchers de mieux faire connaître leurs produits. La viande de cheval a très bonne réputation dans le milieu médical. Il n’est pas impensable qu’une bonne campagne de communication permette de relancer une filière d’élevage et de commercialisation de la viande de cheval. A cet égard, il pourrait être pris exemple sur les campagnes financées en partie par l’Etat en faveur de la viande bovine après la crise de la vache folle. Et tout cela se ferait au profit de nombreuses catégories de professionnels, pour le plaisir du ventre des consommateurs et des yeux des promeneurs dans nos campagnes. Cela redonnerait également un peu de diversité aux paysages. »

 « Alors, dit Jémabo, je crois qu’il faut mettre cet article en ligne sur votre blog. Et espérer que chaque lecteur devienne à son tour propagateur de vos messages. »

 « C’est une très bonne conclusion. Je vous invite à prendre un morceau de cette andouille de cheval, c’est un premier pas dans la reconquête de nos assiettes par le cheval. Et demain nous mangerons un bon steak de cheval. Vous verrez, Jémabo, c’est vraiment goûteux et bien différent du bœuf. » 

Voir également l'article N° 24 dans cette catégorie "chronique du temps-Jémabo".

Cf. également Le Monde 2 du 21 octobre 2006, page 20. Plaidoyer hippophagique : (extraits)

- Selon l’OFIVAL (office interprofessionnel des viandes), le cheptel équin national reste stable autour de 460 000 têtes. L’abattage diminue régulièrement (de 23 910 têtes en 2004 à 21 800 têtes en 2005) et la consommation est à son plus bas niveau historique (0 ,5 Kg par habitant).

- Le steak de cheval est d’un goût excellent et bourré de qualités nutritives : sa viande est très maigre et riche en fer. 

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Samedi 26 août 2006 6 26 /08 /2006 22:36

Le 26 août 2006

- Je trouve qu’il vaut mieux être un peu enveloppé que trop maigre, dit Jémabo. La sous-nutrition est un mal qui devrait être définitivement banni de notre vue. Comment supporter que des individus manquent de nourriture quand on voit la profusion de victuailles présentées dans tous nos magasins, quand on examine un peu nos poubelles qui débordent de déchets alimentaires. Tenez, hier je suis encore allé me promener au parc public. Et, comme à chacune de mes visites, j’ai vu des parents accompagnant leurs enfants avec un sac de morceaux de pain. Ce n’était pas pour leur goûter, mais pour nourrir les canards et les cygnes qui vivent sur le plan d’eau.

 - Aujourd’hui, les gens ne veulent plus manger que du pain frais, dis-je. Cela fait la joie des boulangers et des palmipèdes des jardins publics. Sur un plan plus général, il y aurait effectivement moyen de fournir en nourriture suffisante toute l’humanité si chacun faisait un effort pour ne consommer que ce dont il a besoin et se souciait de l’adoption de dispositifs pour aider les pays où règne encore la famine.

 - Qu’attend-on alors ? me dit Jémabo sur un ton outré. Nous croisons tous des êtres au physique révélant les séquelles de malnutrition. La honte devrait nous faire évoluer dans nos comportements. Pour ma part, je suis très gêné face à cela.

 - Je crois que tout le monde est comme vous Jémabo. Tous sont gênés et c’est probablement leur mauvaise conscience qui les pousse à verser leur obole aux associations caritatives telles que les Resto du cœur. Mais trop peu me semblent vouloir aller au-delà. Les enjeux sont trop importants et les moyens à mettre en œuvre sont colossaux. Vous voyez donc qu’avec ces mots, je donne un alibi à tous ceux qui voudraient bien mais mollement, à condition que cela ne perturbe pas trop leurs habitudes, que leur train de vie n’en souffre pas. Ceux là continueront de gaspiller pendant que l’on meurt encore de faim ici, comme dans de nombreux pays du Sud (nouvelle appellation des pays sous-développés, cela est politiquement mieux puisque l’on ne donne plus le sentiment qu’ils devraient adopter notre beau modèle économique et social).

 - La faim tuerait encore en France ? dit Jémabo avec un air étonné. Vous y allez peut-être un peu fort.

 - Je crois que l’on peut affirmer qu’il y a des décès liés à la malnutrition de populations défavorisées. Je ne limite pas le problème à la famine tzele qu’on la connaissait jusqu’au 19ème siècle. Celle-ci n’est qu’un des aspects de la question. Il est probablement exact que la famine ne tue plus en France. Mais le manque de nourriture de qualité et en variété est certainement à l’origine de maux qui concernent toujours les personnes aux revenus les plus faibles.

 - Mais on ne meurt pas de mal manger dit Jémabo. Tout au plus est-on un peu maigre. Avec un peu de cynisme, je dirais même que la taille très fine, voir l’allure anorexique est très à la mode chez nos jeunes filles. Regardez la télévision et la presse féminine. Les lignes allongées sont de mises.

 - Vous exagérez un peu Jémabo. Vous provoquez, mais vous n’êtes pas aveugle. Vous ne pouvez pas nier avoir croisé toutes ces personnes, parfois encore jeune, au corps informe et fatigué du fait d’une alimentation carencée en vitamines et en oligo-éléments. Il y a effectivement des mines amaigries de ce fait. Il y a aussi tous ces gens qui deviennent de plus en plus gros. Non par excès de bonne santé ; mais du fait d’une alimentation composée quasi-exclusivement de soda et de hamburger-frites. Il est même apparu que l’obésité serait reconnue comme un phénomène ayant des conséquences sur la génétique. Les obèses vont maintenant générer des enfants qui auront une propension à l’obésité, avant même qu’ils aient commencé leur parcours sur cette terre. Ces gens oublient les fruits et légumes frais et la viande de bonne qualité. Vous avez certainement remarqué que plus vous vous déplacez vers les quartiers populaires, plus ces gens sont nombreux. Est-ce là l’effet du hasard Jémabo ? J’ai pour idée que nous verrions évoluer favorablement la situation si ces personnes disposaient d’un peu plus de moyens financiers et recevaient une meilleure éducation (que ce soit à l’école mais également par le canal de campagnes nationales d’information).

 - Je vous accorde bien volontiers cela, me rétorque Jémabo Vous ne m’avez cependant toujours pas expliqué en quoi cela tuait les gens !

 - La réponse me parait assez évidente. Prenez simplement conscience de l’impact de ces situations sur l’espérance de vie de ces populations. Mal manger occasionne des fragilités qui ouvrent la porte à la maladie, aux difficultés cardiaques et veineuses. Tout comme le tabac, mal manger conduit à une mort prématurée. Je crois pouvoir ainsi soutenir que nous laissons se développer un système alimentaire qui tue une partie de nos concitoyens.

 - Mais alors, que dire du cas de ces millions d’êtres, le chiffre de 800 millions est avancé, qui meurent effectivement de faim. Si l’on ne sait pas remédier à la situation en France, comment peut-on faire vis-à-vis notamment de ces pays, notamment africains, où la faim tue devant nos caméras.

 - Il appartient d’abord à chaque citoyen de prendre pleinement conscience que la terre est de plus peuplée et, que ses ressources notamment en eau potable ne sont pas extensibles à l’infini. Des choix doivent être fait et notre système démocratique permet à chacun de s’exprimer. En tout état de cause, les mouvements migratoires sont désormais facilités par l’existence de tous ces moyens de transports qui mettent les peuples les plus démunis à quelques heures d’avion de Paris. Si notre état d’homme ne nous motive pas suffisamment pour agir pour un développement plus harmonieux sur cette terre pour tous les hommes, il faut que nous ayons conscience que cette misère des pays du Sud est à notre porte et qu’elle exercera inévitablement une pression forte dans les années à venir pour venir partager le contenu de nos assiettes.

 - Ce ne serait pas, de toute façon, une bonne solution, dit Jémabo. Ni pour eux, ni pour nous.

 - C’est vrai. C’est pourquoi il est grand temps de réfléchir et d’agir.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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Dimanche 27 août 2006 7 27 /08 /2006 22:11

Cf. article N° 1 dans cette catégorie.

27 août 06

 - Comment se fait-il que les français paient tant de taxes ? me dit Jémabo. Il parait qu’ils travaillent plus de la moitié de l’année pour l’Etat ! C’est ahurissant. Vous ne trouvez pas ? J’ai le sentiment que les français ne sont pas libres de disposer du fruit de leur travail.

 Je souris en levant les yeux de mon magazine.

 - Sans vouloir vous offenser, ni vexer ceux qui fréquentent les bistrots, vous colportez là un propos digne d’un comptoir de bar. Il faut chercher qui prend les décisions et à qui elles profitent en la matière. Commençons par le pouvoir de décider.

 - Je m’assieds, dit Jémabo. Vous paraissez sur de vous alors que je vois bien que l’Etat augmente chaque année un peu plus les taxes au détriment des acteurs économiques du pays. On dit même que cela freine la revalorisation des bas salaires.

 - Très bien dis-je. Commençons. L’impôt est prélevé par les administrations financières du pays. Mais ces administrations n’agissent pas de leur propre initiative. Il faut qu’une loi prévoie le paiement de la taxe pour que ces administrations agissent. Jusque là, vous me suivez Jémabo ?

 -Oui, vous voulez dire que les parlementaires sont à l’origine des taxes qui pèsent sur les français.

 - Ce n’est pas tout à fait cela. Les parlementaires ne sont que des élus. Et ils l’ont été par vous et moi. Dans un système démocratique tel que le notre, il n’y a pas de loi sans que les citoyens aient été appelés à en décider par l’intermédiaire de leurs élus. Je conclus donc ce premier point en affirmant que l’Etat ne fait rien d’autre que ce que ce que veulent les citoyens dans leur majorité. Nous sommes en conséquence tous responsables de la hausse (ou pourquoi pas de la baisse) des taxes. Votons ! et les choses changeront si les français le souhaitent vraiment.

 - Au vu de ce que j’entends, dit Jémabo, les français détestent l’impôt et la fraude fiscale serait même un sport national.

 - Vous arrivez là au deuxième point Jémabo. A qui profitent les taxes.

 -Très clairement, je ne vois pas en quoi elles me profitent. Dit Jémabo. Je suis célibataire sans enfant et, ayant un emploi, je ne perçois pas d’aides sociales.

 - Voyons Jémabo, les taxes servent aussi à bien d’autres choses. Et je vais vous montrer, par quelques exemples, combien vous bénéficiez des retombées des dépenses engagées avec vos impôts et taxes. Tenez, allez à la fenêtre et dites moi ce que vous apercevez.

 Jémabo se lève et se dirige vers la fenêtre. Il ne voit pas en quoi cela va servir à mon explication.

 - Je vois une route et un peu plus loin un carrefour. Dans les bâtiments en face il y a la médiathèque municipale et l’annexe du bureau de police.

 - Très bien dis-je. Qui a financé cette route sur laquelle votre automobile sillonne allégrement tous les matins ? Qui assure votre sécurité et celle de vos biens, et comment la municipalité peut-elle entretenir la médiathèque où vous allez régulièrement ? C’est  l’impôt qui finance tout cela. Contrairement à ce que certains croient, l’essentiel de notre qualité de vie est garanti par des dépenses qui ont un caractère collectif. Et seul l’impôt est de nature à permettre de collecter les fonds auprès des citoyens et des entreprises qui ont le plus de revenus. Sans impôts, vous devriez payer un droit de passage sur la route (un péage comme sur les autoroutes), vous auriez à souscrire un contrat de gardiennage de votre maison et vous auriez à acheter ou louer vos livres et supports vidéos. Vous savez ce que cela vous en coûterait…Et tout cela quel que soit votre revenu. Et alors, tant pis pour vous si vous n’avez pas les moyens de payer.

 - Bien sûr dit Jémabo. Mais l’Etat ne fait pas toujours les bonnes dépenses. Il y a de la gabegie.

 - Rien n’est parfait sur cette terre. Mais je crois qu’il y a en France une administration qui est bien aussi compétente et rigoureuse que de nombreuses entreprises privées. Et j’ai la faiblesse de croire que les fonctionnaires ont globalement le sens du service public et le souci de respecter l’usager qui est son « client ». Des contacts récents avec mon assureur (mon dieu que l’employée était incompétente et manquait de considération pour le client) et le service après-vente d’une chaîne de produits hifi-vidéo (l’art de balader un client dans l’espoir qu’il renonce à obtenir le remplacement d’un appareil défectueux), me laisse penser que Kafka se cache partout et pas toujours là où la rumeur publique le dit le plus fréquemment.

 - J’ai effectivement déjà eu ce type d’expérience, dit Jémabo. Il faut que je revoie ma position sur la question de l’impôt. Nous en reparlerons plus tard.

Par BB - Publié dans : Chronique du temps- Jemabo
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