Dimanche 10 septembre 2006
10 sept 06
Cf. article N°1 dans cette catégorie d’article « Art-musique-chant ».
S’il est un domaine dans lequel il est facile de prétendre avoir un don, c’est bien celui du chant. Tout le monde chante le matin dans sa salle de bains et ceux qui trouvent qu’ils ont une belle voix, voire du talent, constituent la très grande majorité.
La chanson, c’est donc comme la cuisine. Tout le monde peut prétendre savoir la faire. A la différence prés qu'on ne risque pas de tuer le consommateur par une intoxication. Il y a de grands chanteurs, qui ont du talent sans en faire tout un plat, et il y a les autres…beaucoup plus (trop) nombreux.
A la base de la réussite d’un chanteur (pas au profit du chant mais d’abord du producteur et de son équipe, et ensuite à celui du chanteur), la recette est assez simple. Le résultat obtenu ne sera certainement pas bon, mais ça se mangera car l'emballage et le marketing seront à la hauteur des enjeux financiers en cause. Comme en cuisine, il existe des « tords boyaux » de la chanson. Pour ce qui est du "chanteur", le choix est ouvert. A tous les âges, dans tous les styles, pour toutes les catégories sociales, il y a pléthore de volontaires pour le rôle de vedette. Prenez donc n'importe qui, garçon ou fille, seul(e) ou en groupe, ajoutez un impresario et une maison de disques en recherche de substantiels bénéfices (ça motive paraît-il le talent). Si le cousin ou l'ami de l'impresario ou du patron de la maison de disques a lui même des cousins ou des amis parmi les producteurs d'émissions de télévision et les responsables de la diffusion sur les radios, le succès est déjà garanti pour une saison (l'été est une période propice).
La recette peut devenir cependant plus compliquée, si vous voulez durer plus d'une saison. Soignez d'abord le look du "chanteur" (terme générique qui désigne celle, celui, celles ou ceux qui auront le privilège de montrer leur « talent » vocal). Ensuite, il faut trouver un segment du marché (une niche) sur lequel aucun artiste (ou très peu) n’a encore pensé à se placer, tout en gardant à l’esprit que, l’objectif étant de vendre des disques, il convient de choisir un domaine où l’auditeur est solvable. Jusqu’à 35-40 ans, je vous conseillerais d’opter pour le créneau « ados » ; population versatile mais assez nombreuse. Au-delà, le marché des seniors peut s’avérer très rentable (c’est un domaine qui reste à investir en raison du vieillissement de la population, Cf. P Bruel qui y a mis un pied récemment). A tout âge, vous pouvez essayer la chanson pour les « petits » (0-8 ans) ; c’est moins médiatique, mais les parents sont prêts à acheter des CD que leurs enfants écoutent sur des équipements hi-fi de mieux en mieux adaptés au très jeune âge.
Vous voilà paré. Alors bonne chance, sachant que les élus seront peu nombreux.
En contrepartie de ces menus conseils, je vous demanderai de toujours respecter votre public. S’il est un client, traitez le avant tout comme doit l’être tout homme. N’exploitez donc pas les penchants les moins dignes de votre public. Conservez à l’esprit que la chanson est toujours porteuse d’idées ou de mode de comportements sociaux. Sur la durée, la chanson peut influencer les mentalités. L’artiste, communiquant public, a donc une responsabilité particulière vis-à-vis de la société. Soyez un citoyen engagé, c'est-à-dire conscient de la portée de ses actes.
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